jeudi 3 mars 2011

The Roots - How I Got Over


Mais qu’est-ce qu’il a ce son de drum à me faire tripper autant?
Album après album, The Roots, c’est sensiblement la même recette, mais c’est tellement excellent. La recette « The Roots » c’est miser sur la construction d’un rythme intéressant et authentique, plus que sur l’aspect catchy d’une chanson en général. The Roots, c’est une bande de rappeurs et de grooveux de Philadelphie qui se sont associés pour recréer l’essence du son rap/funk/soul de la culture afro-américaine. Ben oui, The Roots, c’est tout à fait logique comme nom. Toujours est-il que c’est en s’associant à Erykah Badu en 1999, pour la chanson You got me que The Roots s’implante officiellement sur la scène pop internationale. Depuis ce temps, la bande de Philadelphie multiplie les featuring et diversifie ainsi leur son. Sur ce plus récent album, How I got over, on retrouve les traditionnelles associations avec Dice Raw, mais aussi des plus inusitées avec, entre autres, Joanna Newsom, John Legend et Monsters of Folk. Coup de cœur pour les pièces Walk Alone, Dear God 2.0, How I Got Over et Doin’ it Again.

À écouter si vous avez aimé leur album Phrenology et ou Things Fall Apart. Ou si, comme moi, vous avez un penchant pour les albums Game Theory ou Rising Down (pour leur sonorité qui touche parfois à l’électro), eh bien, vous aimerez quand même.

Cependant, semblerait-il, The Roots est nettement à son meilleur en concert. Ce sera à vérifier, ce mercredi 20h30 au Métropolis, dans le cadre du Festival de Jazz. On s’en reparle.

www.theroots.com

www.montrealjazzfest.com
emiliegagne@gmail.com

Un dernier vendredi Franco


Sinon, un petit vendredi aux FrancoFolies qu’est-ce qu’on y voit?
La compagnie Créole
Aaaaaahhh… cette Compagnie Créole, qui a le don de nous faire danser même si on a entendu leurs hits trop de fois dans nos vies. J’y ai vu de la couleur (beaucoup de couleurs), des paillettes, un suit de patinage artistique, un homme déguisé en girafe, beaucoup de gens qui dansent en faisant le train. Deux gars qui tapent dans leurs mains ensemble, une main chaque. Tsé, quand tu te casses pas la tête.

Les Chiens
Les Chiens avaient dix ans cette année, et on souligne l’événement avec un show sur la scène Molson Dry. Contexte un peu ingrat il faut dire, car Les Chiens ont un répertoire musical très intimiste, pas nécessairement joyeux. Qui s’écoute très bien en disque, mais quand on se produit sur scène tout de suite après la Compagnie Créole, je vous laisse deviner l’effet que ça fait… Tout de même, bon anniversaire et bonne continuation aux Chiens.
C’est tout pour les Francofolies cette année!
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Compagnie_Créole
   (seul site actif, le site officiel du groupe étant inactifhttp://www.myspace.com/leschiens
emiliegagne@gmail.com

Le retour de Mara Tremblay


Le 17 juin dernier, Mara Tremblay effectuait sa rentrée montréalaise, après une absence prolongée
C’était une Mara Tremblay particulièrement touchée et touchante qui est montée sur la scène du Club Soda. En pleine promotion pour son plus récent album, Tu m’intimides, Mara avait du mettre sa tournée en suspens pour cause de maladie. C’est donc avec émotion qu’elle renouait avec son public montréalais, jeudi dernier.
Il va sans dire, Mara Tremblay est désormais au sommet de sa forme et de son art. La richesse de ses textes est complètement désarmante, sa présence scénique est des plus sensibles. Mara parle avec son public et s’y ouvre complètement, parle de ses douleurs vécues mais aussi de ses moments de délices. J’ai été transportée tout au long du spectacle, mais surtout bouleversée par l’authenticité de ses textes et de sa musique. Bon ok, j’ai braillé.
C’était le coup d’envoi de sa tournée estivale. Tournée qui s’arrêtera dans de nombreuses villes partout au Québec. Je vous recommande plus que fortement d’aller assister à son spectacle, c’est une valeur sûre. Consultez son site internet pour plus de détails.

Cœur de Pirate/Vulgaires Machins


Aux FrancoFolies le 16 juin à 21hres, dans cette même soirée, deux spectacles simultanés.

Sur la scène Ford, Cœur de Pirate et au Métropolis, Les Vulgaires Machins. La très grande majorité des gens ne se posent pas de questions et vont voir l’un ou l’autre selon leur goût (goût qui comprend très rarement ces deux groupes à la fois). Cependant, moi, je veux voir les deux. Les Vulgaires Machins, par culture personnelle, et Cœur de Pirate pour des raisons personnelles, qui n’ont à peu près rien à voir avec la musique. J’ai couru de l’un à l’autre et j’ai perdu mon objectivité quelque part entre les deux. Pour cette raison, je ne vais pas vous dire ce que j’en ai pensé. Je vais me contenter de les comparer.

À Cœur de Pirate, c’était dehors et il pleuvait. À
Vulgaires Machins
, c’était à l’intérieur et il pleuvait pas. Mais ça sentait parfois l’humidité.

À
Cœur de Pirate, on peut entendre un duo avec Dumas. À Vulgaires Machins
, on peut entendre un duo avec Mudie.

À
Cœur de Pirate, on remercie les commanditaires. À Vulgaires Machins
, on dédie une chanson aux commanditaires. Intitulée Parasite.

À
Cœur de Pirate, on discute du choix vestimentaire de Béatrice. À Vulgaires Machins
, on discute du Bloc Pot.

À
Cœur de Pirate, on boit de l’eau et mange des mangues en forme de fleur. À Vulgaires Machins
, on boit de la bière et on la mange probablement aussi.

À
Cœur de Pirate, j’ai l’air un peu trash. À Vulgaires Machins
, j’ai l’air un peu princesse.

À
Cœur de Pirate, on a un peu plus de quinze ans d’âge. À Vulgaires Machins
, on a un peu plus de quinze ans d’expérience.

À
Cœur de Pirate
, on est pote avec Perez Hilton. À Vulgaires Machins, on est potes avec Rej Laplanche.

Et ainsi de suite.

Voilà. Faites vos choix.

www.vulgairesmachins.org

www.coeurdepirate.com

emiliegagne@gmail.com

Photos :
Coeur de pirate (C) FrancoFolies 2010 par Victor Diaz Lamich
Vulgaires Machins (C) FrancoFolies 2010 par Jean-F Leblanc

Pierre Lapointe au Club Soda


Un petit mardi soir tranquille au Francos, ce soir je cours pas nulle part. Je vais juste voir Pierre Lapointe.

Rendez-vous à 19hres au Club Soda, il fait encore soleil dehors. Je rentre, mes yeux ne veulent pas s’habituer à la noirceur. J’ai l’air mésadapté. Le gars à la porte ne me croit pas que je dois d’abord aller à la table de presse pour avoir mes billets, maintenant j’ai l’air d’une imposteur mésadapté. Quelques minutes de gossage plus tard, je vois enfin où ce que je vais, et je suis entrée en toute légalité.

19h15, c’est le chanteur français JP Nataf qui assure la première partie. Selon son site MySpace, JP Nataf donne dans le folk/pop/indie, j’ajouterais à ça folk/pop/indie/typiquement français. Un folk assez conventionnel, pas désagréable mais pas accrocheur non plus. Les textes me semblent être le point central de son œuvre, malheureusement je distingue très mal les mots. Je m’en tiendrai donc à dire ceci : presque une heure de première partie, c’est ambitionner sur notre capacité d’écoute. Mais là, finir ça avec une chanson de 9 minutes, dont le mot « downtown » est répété en loop pendant 5 minutes, c’est se tirer dans le pied. Désolée pour mon manque d’enthousiasme, le soleil me manquait.

20h15, après une petite bouffée d’air. Retour dans l’obscurité pour le début du spectacle Sentiments Humains de Pierre Lapointe. Première chose qui m’étonne : la salle est loin d’être pleine. C’est Pierre Lapointe après tout, pourquoi donc? Il faut dire que Pierre Lapointe, c’est pas le « highlight » des Francos cette année. Pour l’édition 2010, c’est plutôt Cœur de Pirate. Mais moi ça me dérange pas, Pierre Lapointe au Club Soda c’est plus personnel. J’avais assisté au spectacle Mutantès, il y a deux ans de cela. La grandeur de la salle (Wilfrid-Pelletier) et la lourdeur de la mise en scène m’avais un peu laissé de glace. Je me sentais trop coupée de l’interprétation de Pierre Lapointe. Là au moins, au Club Soda, c’était plus intime. J’avais envie d’être plus proche de lui et de l’écouter simplement. Comme si c’était mon ami. En plus y’a l’air ben fin.

Je reconnais le maniérisme de Pierre Lapointe, tel que je l’ai vu lors de Mutantès. Mais je le sens plus libre de s’exprimer à sa façon. Il aime entrer en contact avec le public, de façon directe et étroite. Et c’est ce qui fait tout le charme de son spectacle. D’ailleurs, la présentation de ses musiciens occupe une bonne partie du spectacle. Pas d’artifice, que du small talk, t’sais. Et pourtant c’est réellement captivant. J’aime qu’on accorde autant d’importance aux musiciens qu’on leur accorde ce moment, pour définir qui ils sont, pour sincèrement les remercier. Et Pierre Lapointe a cette facilité à rendre tout intéressant. Je vous le dis, je veux vraiment être son amie.

Mais il fait de la musique aussi, ah oui. Au cours de cet excellent spectacle, on a pu entendre plusieurs des compositions de son dernier album, tel que Ces étranges lueurs/Le magnétisme des amants, Je reviendrai, Au bar des suicidés, Les sentiments humains. Oui, Pierre Lapointe, version full band, c’est magistral, la qualité des arrangements rend ce spectacle d’une efficacité impressionnante et ce, peu importe la grandeur de la salle, j’en suis convaincue. La version solo est tout aussi touchante. Je n’ai qu’à penser à cette excellente chanson empruntée à Elisapie Isaac, Moi, Elsie (écrite par Richard Desjardins), que Pierre Lapointe s’approprie d’une façon extrêmement émouvante.

Oui, Pierre Lapointe fait indéniablement partie des géants de la musique québécoise, et ça ne changera pas. Que le public y soit par dizaines ou par milliers.



Revue des Francos, 13 juin


Ce que notre journaliste a pensé de miCkey 3D, Moussette, Radio Radio, Monogrenade et Yesterday’s Ring
Grosse soirée de prévue alors qu’en ce 13 juin, aux FrancoFolies, pleins de bons concerts ont lieu; séparons-nous en quatre ou courons tout partout.

Premier arrêt : miCkey 3D
Une soirée qui débute tôt, dès 19hres avec miCkey 3D au Club Soda. Pour la venue de ce groupe Français, la salle est pleine à craquer. Et dire que ce concert a failli ne jamais avoir lieu. En effet, en 2007, le groupe avait annoncé sa séparation. Ils ont changé d’idée faut croire puisqu’ils sont venus nous rendre visite, et surtout promouvoir leur plus récent album, La Grande Évasion, paru en 2009.

Mick est un beau mec, charmant et qui aime raconter le pourquoi du comment de ses chansons. Et puis, à côté de lui, cette énergumène, haute en couleurs, qui s’affaire aux synthétiseurs. Disons qu’avec sa robe, ses lulus, sa voix, ses grands mouvements d’aéronaute, elle aurait parfaitement convenu au rôle d’assistante d’Annie Brocoli. Mais bon. Et puis y’avait les autres aussi.

Évidemment, on a pu entendre leur plus grand succès, la chanson Respire, au cours du rappel. Mais une nouvelle composition a particulièrement attiré mon attention. La footballeuse de Sherbrooke, une chanson écrite alors que Mick donnait un concert dans mon hometown. Toujours est-il qu’il a séjourné à l’Université de Sherbrooke lors de son passage (je sais vraiment pas pourquoi, je vous jure qu’on a des hôtels à Sherbrooke), et qu’il a eu l’opportunité d’assister au match de soccer de l’équipe féminine de l’université. Bon ok, j’étais contente parce qu’il a composé une chanson dans mon coin de pays, mais c’est pas grave, si vous en avez rien à foutre de Sherbrooke, ben c’est quand même un texte très drôle. Vous aimerez.

Deuxième arrêt : Moussette

Étant donné la durée du concert de miCkey 3D, je n’ai pu qu’avoir un bref aperçu de ce qu’était Moussette. Je ne connaissais pas le groupe avant mon arrivée sur place. Les pièces que j’ai pu entendre étaient douces et planantes, empreintes de rock sans toutefois jamais devenir lourd. J’ai vraiment eu une pensée pour les Beatles en les écoutant, mais bon la comparaison est un peu facile, vous me direz. Entendu au courant du concert : Les Fauves, La Morte est morte, So Cold (ouuuuuuuh de l’anglais au Franco?!?!), et Schtrob, mon coup de cœur à moi. Puis avec un titre d’album tel que Le Club Alpin, avouez que ça hook. Bref, un petit concert parfait pour l’ambiance feutrée de l’Espace Vert Desjardins (feutrée? Ben non, gazonnée. Baaaaaaahhh.)
Troisième arrêt : Monogrenade

Le groupe était finaliste en l’édition 2010 des Francouvertes. Sans en être ressorti avec les grands honneurs, ils se sont tout de même mérités cette opportunité de jouer aux Francos. C’est donc à la Place Loto-Québec que le groupe se produisait, devant une foule nombreuse mais clairsemée (on peux-tu dire ça d’une foule, clairsemé? Ou c’est un mot réservé aux gars qui s’en viennent chauves?). Les musiciens sont talentueux, le groupe a plein de potentiel mais le projet manquait un peu d’une identité propre. J’avais hâte de voir si le groupe avait affiné cette identité depuis la finale des Francouvertes (ça fait à peine plus d’un mois je sais…). Le temps fait son œuvre, et Monogrenade fera beaucoup parler d’eux dans les mois à venir j’en suis convaincue. Coup de cœur pour la chanson Le Pantin.
La scène Molson Dry est sur mon chemin de retour. J’arrête brièvement pour écouter un peu ça sonne comment Yesterday’s Ring. Formé principalement des membres des Sainte-Catherines, Yesterday’s Ring, c’est le projet qui leur permet d’explorer des sonorités rock/country sans toutefois renier leur amour pour le punk. Vite vite de même, ça semble vraiment bon. Plus de détails une prochaine fois.
http://www.mickey3d.com/

http://www.myspace.com/themoussette
http://www.myspace.com/monogrenade
http://www.myspace.com/yesterdaysringmtl

emiliegagne@gmail.com

Jeune Chilly Chill et NSD


Vendredi 12 juin. Ma deuxième soirée aux Francos s’amorce.
La première en fait, pour ce qui est des concerts extérieurs. Alors, qu’est-ce que les Francos ont à offrir de gratos un vendredi soir? Petite soirée thématique, tiens. Je vais aller voir Jeune Chilly Chill et NSD.

Jeune Chilly Chill
Jeune Chilly Chill d’abord, sur la scène du Monde Urbain Vidéotron. Le genre de gars qui a piqué ma curiosité, plus pour sa danse de
Benoît Brunet () que pour ses textes. Mais ça vaut le coup d’œil. Accompagné de Phil Colisse pour les beats, Jeune Chilly Chill a.k.a Xavier Constant occupe seul le devant de cette grande scène. Se débrouille pas mal tout de même pour accaparer l’attention de son public, des jeunes, principalement fin dizaine/début vingtaine, qui font de l’attitude au son du Chilleur Extrême. D’ailleurs, j’aurais pas cru qu’un artiste puisse faire crier haut et fort à autant de mecs leur profond besoin d’avoir une vie sexuelle (« J’ai le goût de fourrer » à l’unisson, j’hésite à savoir si je trouve ça pathétique ou juste profondément sincère…).

Chilly Chill aborde les thèmes propres au hip hop, c’est-à-dire la réalité urbaine et les femmes. Il développe longuement sur ses propres capacités à satisfaire les femmes. Sur ce mesdames, je veux des témoignages. Toujours est-il, je suis contente, j’ai eu ma danse de Benoît Brunet.

NSD
Un peu plus tard, sur la même scène, c’est NSD, anciennement Nul Si Découvert, qui fait danser la foule. C’est donc le retour de Jeune Chilly Chill qui s’associe cette fois avec Maître J pour prendre les devants de la scène.

NSD, c’est d’abord le rap de Xavier Constant et de Maître J, accompagnés d’Émilie Mercier à la voix, et c’est aussi un grand rassemblement de musiciens (une section de cuivres s’ajoute au traditionnel guitare/basse/drum). NSD compte donc neuf membres, et ça fait toute la différence sur scène. L’espace est occupé au complet, c’est beaucoup plus dynamique et franchement agréable à regarder. J’ai une affection particulière pour Maître J, ce rappeur au style non-conventionnel, qui délaisse la classique attitude hip hop et adopte un style beaucoup plus personnel. Un gars profondément motivé qui aime faire lever les foules, j’aime ça.

Toutefois, le spectacle est un peu technique. J’ai un peu l’impression d’assister à un concert des finissants du Cégep St-Laurent. Émilie Mercier, de la section vocale, semble plus ou moins à l’aise dans son rôle. Elle a, pour l’instant, un style beaucoup plus technique qui se combine plus ou moins bien au style rap/funk du groupe. Cependant, NSD s’étant reformé récemment, je n’ai aucun doute sur le fait que ces détails se placeront et que le groupe aura pas mal plus de spirit dans les mois à venir.

Sur ce, fait frette, m’en retourne chez nous.