jeudi 3 mars 2011

Une soirée à Pop Montréal : Karkwa et Liars

Deux bons bands qui se produisent le même soir à Pop Montréal

Comme toujours, Pop Montréal offrait une programmation riche en spectacles à ne pas manquer. Dont deux que je tenais absolument à voir: Karkwa et Liars. Deux groupes qui ont sorti cette année des albums plus qu’excellents : Les chemins de verre pour Karkwa et Sisterworld pour Liars. Et l’excellence se concentre en une seule et même soirée : le 30 septembre dernier. Karkwa est au Métropolis à 20h30 tandis que Liars se produit au National à 22h30. Thank god, les horaires concordent.

C’était Leif Vollebekk qui assurait la première partie de Karkwa et le Métropolis était déjà plein à craquer. Comme quoi cet auteur compositeur folk montréalais suscite déjà beaucoup d’intérêt… Et effectivement ma curiosité et mon intérêt ont été captés par ces compositions douces et introspectives. Et je suis surtout charmée par le fait qu’une de ses  principales inspirations soit l’Islande… À découvrir, vraiment.

Je me fais un chemin à travers la foule, faut que je sois le plus près possible. Parce que ça va être follement bon et parce qu’il n’est pas question que je vois Louis-Jean Cormier de loin. Je m’arrête à deux pas de l’immense colonne de haut-parleurs (damn!) histoire de voir, de respirer un peu quand même, et de me faire défoncer les tympans. On attend beaucoup de Karkwa ce soir, parce qu’on a la chance d’entendre les compositions des  Chemins de verre pour la première fois sur scène depuis la sortie de leur plus récent album et depuis qu’ils sont les heureux récipiendaires du prix Polaris 2010, cette bourse qui récompense un artiste ou groupe émergent s’étant démarqué au cours de la dernière année. Bourse qui, pour l’occasion, a plus ravivé la fameuse (et esti de) friction anglo-franco… Et je pourrais m’étendre très longtemps sur ce que j’en pense, mais je vais plutôt revenir à ce que j’ai pensé du spectacle. Moins frustrant.

Pas frustrant du tout en fait, puisque Karkwa a donné une incroyable performance, digne de la qualité de leur nouvel opus et surtout digne de la fulgurante ascension qu’ils ont connue au cours des dernières années. On parle d’eux en Europe (dans la francophonie, ceci dit) et on parle même d’eux de l’autre bord là, dans le Canada anglais (2e esquive du sujet). Ce qui étonne le plus de Karkwa en spectacle, c’est le constant renouvellement et remaniement de leur répertoire, et même des chansons un peu plus vieilles. Cette constante modification des arrangements des pièces qui nous font découvrir un nouvel angle, un nouvel aspect aux chansons déjà connues, ce renouvellement qui nous permet un peu plus à porter attention au texte. C’est d’être maître de son art, c’est d’être incroyablement passionné, que d’offrir ces oeuvres sans cesse revisitées à son public. Entendu au cours de cette performance, une incroyable version quasi-méconnaissable d'Oublie Pas, cette chanson tirée de l’album Le volume du vent, qui deux ans plus tard, me fait encore dresser les poils sur les bras. Un bijou, un cadeau. Karkwa, je t’aime.

Le concert est à peine terminé qu’il est déjà temps de courir au National, histoire d’arriver à temps pour la performance de Liars. J’ai environ 5 minutes pour changer de mood, passer d’émotive et introspective à trashy. Ce n’est pas tout à fait évident, ça prend normalement plus de temps, mais je suis oh so polyvalente….
Liars, c’est depuis toujours excellent sur CD, un de mes groupes préférés depuis plusieurs années déjà. Pour la première fois, j’ai eu l’opportunité de les voir en spectacle lors de mon voyage en Italie, plus tôt cette année. Je ne sais pas ce qui m’avait enchanté le plus, la performance en tant que tel, ou peut-être plus le fait que je suis en voyage, que je suis émerveillée par tout ce que je vois, que le show a lieu sur une ancienne base militaire de la 2e Guerre Mondiale… tsé? Bref, cette fois en terrain connu, je me sentais plus en capacité d’analyser objectivement la performance. Pas tout à fait quand même, Karkwa ayant laissé une trace de feeling emo en moi… Toujours est-il qu’une performance de Liars, ça se passe sans décor concept, sans mise en scène fancy, sans grande interaction avec le public et ce n’est peut-être pas la plus grande démonstration d’habileté et d’exploration musicale qui soit, mais peu importe, c’est incroyablement bon juste de même. On a principalement eu droit aux compositions qui se retrouvent sur leur plus récent album, Sisterworld, le concert ayant été relativement de courte durée. Et c’est peut-être mon cerveau qui commençait à être influencé par l’alcool ou par la pluie abondante, je suis plus tout à fait certaine si j’ai entendu Brocken Witch (tirée de l’album They were wrong so we drowned) ou si j’ai juste voulu l’entendre. Et du peu d’interaction avec la foule, j’ai tout de même fortement apprécié le fait que le chanteur, Angus Andrew, a dit apprécier jouer dans une ville francophone, et qu’il est louable le fait que nous utilisions toujours le français malgré la forte présence de langue anglaise autour de nous (ça y est, une 3e fois et on n’esquive plus le débat). Bref.
 
À découvrir absolument si vous ne connaissez pas déjà :
Leif Vollebekk, l’album Inland. M. Vollebekk sera de retour en spectacle à Montréal le 30 novembre prochain.
Karkwa, tous leurs albums, dont le plus récent : Les chemins de verre. Prochain spectacle à Québec le 18 novembre prochain (avec Leif Vollebekk en première partie).
Liars, l’album Sisterworld. Pas de spectacles prévus dans les environs, concentrez-vous sur l’écoute de l’album, et la découverte des autres.

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