jeudi 3 mars 2011

M.I.A. au Métropolis


L’album /\/\/\Y/\ n’a pas fait l’unanimité, mais on l’attendait de pied ferme tout de même, cette M.I.A. La prolifique artiste d’origine Sri Lankaise nous rendait visite le 21 septembre dernier, au Métropolis. Chaotique mais plaisant. Récit.


Une soirée de rap, j’assiste pas souvent à ça. C’était d’ailleurs la première fois que je voyais M.I.A en spectacle (oui j’ai réussi à avoir un empêchement à chaque -nombreuses- fois qu’elle performait à Montréal). Et je sais pas si c’est la norme, mais j’étais très étonnée de constater que la fouille de sacoche ET corporelle était de mise à l’entrée…. Ça fait tellement thug, je me sentais comme dans Dangerous Mind (Michelle Pfeiffer tsé?). Bref, personne rentrera des guns… mais je sens qu’il va y avoir de l’attitude dans la place…

Un/une DJ est à l’œuvre lorsque je rentre dans la salle, les projections vidéo annoncent le début du show de M.I.A mais ce n’est que vingt minutes plus tard que la rappeuse fera son entrée sur scène. Une vingtaine de minutes qui me laisse amplement le temps d’observer la foule…des gens dansent, mais ça ressemble plus à de l’attitude au rythme des beats qu’à des moves de danse. Clairement, on est ici autant pour être vu que pour voir M.I.A. Je trouve ça drôle. Mais les beats sont bons et j’ai envie de me trouver cool aussi (mes moves cool sont pas au point).

Avec l’arrivée de M.I.A, se pointent aussi sur scène une choriste « qui bouge » et qui fait de la cool attitude, des danseurs qui font de la cool attitude et trois choristes immobiles (qui font de la cool attitude?). Intrigantes, ces trois choristes cachées au fond de la scène. Et difficile de dire si elles ont réellement pris part à la performance vocale car A) elles sont toutes trois des statues de glace, vêtues d’un Niqab et donc impossible de dire si leurs lèvres ont remué (elles avaient de la gueule, sans en avoir une) B) le son des micros était lamentable. Des quelques mots qu’a échangé M.I.A avec la foule, je n’y ai pas compris grand chose, sauf quelque chose du genre : elle connaît quelqu’un en quelque part qui ce jour-là sortait de l’hôpital (?!?!). Les chansons étaient facilement reconnaissables pour leurs rythmes, mais souffraient tout autant du manque de qualité du son des micros et du fait que tout ce beau monde fait un peu trop d’interventions n’importe quand et n’importe comment. L’ensemble sonne un peu chaotique et mal structuré, tout comme le reste d’ailleurs. Les chorégraphies relèvent plus de l’improvisation (et de la cool attitude) tout comme les remix des chansons, qui semblent improvisés on the spot. Une belle démonstration que ces dudes sont les rois  par leur attitude, mais pas par la performance musicale.

Je suis tout de même satisfaite de la setlist du spectacle, qui allait à peu près comme suit :  Illygirl,
Bucky Done Gun,
Amazon, 
Boyz,
Lovalot, Galang,
Story to Be Told/XR2/
Bamboo Banga, Born Free
Steppin' Up,
Teqkilla et Paper Planes en rappel. À ça, j’aurais ajouté Jimmy et j’aurais été comblée

Bref, on ne va pas voir M.I.A. pour être impressionné par sa maîtrise du son. Pour sa créativité et son originalité évidemment, mais surtout pour prendre part à l’échange de cool attitude entre performeur/spectateur. Bon ok, j’ai été assez marquée par ce point, mais faut croire que ç’a fonctionné puisque j’ai moi aussi mimé les guns dans les airs sur Paper Planes, et que j’ai maintenant follement envie de faire du krump dance. On se paie la gueule de ceux qui en font trop pour être cool mais on est tellement wannabee soi-même. C’est de même.


 emiliegagne@gmail.com

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