jeudi 3 mars 2011

The Tallest Man on Earth au National

Soirée plus qu’étonnante le 23 septembre dernier, alors que S. Carey et The Tallest Man on Earth se donnaient rendez-vous sur les planches du National.


Je me rendais à ce spectacle simplement parce que la réputation devançait cet artiste. Accompagnée de copines qui ont pour lui plus qu’une simple adoration sans bornes, je me suis lancée à la découverte, je n’avais rien à perdre. Et c’est quand on n’a plus rien à perdre que les plus belles choses arrivent (et cette énonciation s’applique à bien plus que  juste la musique).

En arrivant devant le National, une horde de gens traînent, fument, jasent, attendent. Le show se donne à guichets fermés, on entend les classiques « anybody selling tickets?! » qui retentissent d’un peu partout. Y’a définitivement une hype qui m’a échappé. Mais  bon, c’est plutôt bon signe. Et en plus les gens sont beaux. Et ça, quand les gens sont beaux, moi j’aime ça. Et j'ai encore plus l’impression que le show va être bon. Je suis de bonne humeur, j’ai le sourire et les yeux grand ouverts.

On entre à l’intérieur tout juste comme les lumières s’éteignent. Un certain S. Carey (doit-on y lire scarey?) assure la première partie. Et si normalement on porte plus ou moins attention à cette ingrate position du musicien qui tente (parfois vainement) de se faire un nom en s’associant à quelqu’un qui en a un (un nom), là, force est d’admettre que les toutes premières notes nous ont tout de suite hypnotisées. C’est délicat et à la fois intense, c’est planant et profond, c’est émouvant et théâtral. Ça sonne à la fois comme Bon Iver et comme Sigur Ròs. S. Carey, de son prénom Sean, nous informe qu’il est originaire d’Eau-Claire au Wisconsin (tout comme Bon Iver), et qu’il agit à titre de percussionniste et pianiste pour Bon Iver. ‘Gard donc ça… (En plus, je suis quasi certaine que c’était Bon Iver lui-même qui était à la table de marchandise à l’arrière de la salle…)

Émue et surprise, je suis.

Puis, quelques minutes plus tard, Kristian Matsson apparaît. Sur scène, il n’y a que quelques guitares, un micro et une petite chaise droite. C'est tout. Pas de décor, pas de lumières fancy. Juste ce petit blond, ce Suédois surnommé le plus grand homme sur Terre, qui semble avoir toute la bonté et la générosité du monde. J’avais les oreilles presque vierges de son répertoire. Restait plus qu’à m’impressionner, ou me décevoir. Mais la deuxième option était tout simplement impossible en ces circonstances de soirée. Moi qui se montre habituellement très capricieuse dans les cas « gars emo qui gratte sa guitare » (car j’aime ça moi, les arrangements dans une chanson, mets-en du son pis des instruments!) je dois avouer n’avoir jamais vu de ma plus ou moins courte vie, un homme posséder une foule avec si peu de moyens. Incroyable, l’émotion et l’intensité qui peut se dégager de sa voix et de sa guitare. Et avec l’autre chopstick à côté de moi qui lâche quelques fois un : «oh my god, ça y est, je vais pleurer là», nul autre choix que d’être émue tout autant que totalement vendue, moi aussi. Une soirée sans attentes, une soirée de grandes découvertes.

Je vous incite fortement à découvrir la musique de S. Carey et de Tallest Man on Earth, quelques pièces sont disponibles sur leurs sites Myspace. Enjoy.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire