jeudi 3 mars 2011

Samedi dans l’urgence (Partie 2)

Concert symphonique et toilettes chimiques, suite et fin d’une soirée rocambolesque

(…)
J’arrive en taxi et en catastrophe  à la Brasserie Molson. Pas un chat dehors. Ben oui, c’est supposé être commencé.

Garde de sécurité : «Trop tard. On n’admet pu personne.»
Chauffeur de taxi : «Mais ma cliente a son billet!»
Garde de sécurité : «Billet, pas billet, c’est commencé. Pu personne n’entre.»
Moi : «Mais j’ai un laissez-passer média!! On m’a dit que ça serait correct!»
Garde de sécurité : «Ah oui? Ok on va vous faire entrer, madame. Je fais venir quelqu’un pour vous accompagner jusqu’à votre siège.»
Et pendant que je marche vers la bâtisse, on s’affaire autour de moi pour me fournir pochette de presse, billet, tite lampe de poche, monsieur-accompagnateur… Je m’assis, je dois avoir 5 minutes de retard sur le début du concert.

                                    ….c’est le fun des fois la vie…

La soirée était organisée en collaboration avec le festival de musique électronique Mutek. Au menu : l’OSM performe pour nous Messagesquisse, de Pierre Boulez et Symphonie no 1 « Titan », de Gustav Mahler. La soirée se poursuit avec des artistes de la scène électro berlinoise : Thomas Fehlmann (membre de The Orb) et Substance & Vainqueur. Et le tout se déroule dans un décor inusité: des palettes, des tours, des quasi-buildings de caisses de 24.

L’Orchestre Symphonique de Montréal et son chef d’orchestre, Kent Nagano, s’exécute devant mes yeux. J’ai encore le cœur qui pompe, d’avoir couru et du stress subi d’avoir quasi resté prise dehors. Je me concentre sur leur interprétation et je tente d’y retrouver mes repères. Une mélodie, un air connu, je ne sais pas. Je l’admets, je suis tellement une néophyte de tout le genre classique. Mais faut avouer qu’à la panoplie de symphonies, de concertos, d’opéras, d’adagios (etc.) qui existent… tellement qu’on ne peut plus les nommer par une association de quelques jolis mots, il faut les numéroter (Symphony no.5 in c minor op.67 Anyone?). Bref, passer du niveau « débutant » à « intermédiaire », ça prend considérablement du temps.  Pour en revenir au concert… Je n’y trouve aucun repère… mais c’est beau. Et c’est surtout d’une passion intense. : c’est impressionnant de voir à quel point on peut lire la concentration sur le visage des musiciens, et que dire des gestes fougueux de Kent Nagano… du délice pour les yeux.

Et du délice pour les oreilles. Faute de connaissances suffisantes, je ne peux me prononcer sur la qualité, l’acuité de la performance de l’OSM ce soir-là. Mais je peux certainement dire que je suis vraiment impressionnée, à quel point un entrepôt de bières offre une qualité de sonorisation exceptionnelle (probablement quelque chose à voir avec les techs de son aussi…). Et j’ai adoré les petites interventions de M. Nagano, nous expliquant les contextes de création des pièces interprétées (tiens donc, l’alcool a quelque chose à y voir), et vulgarisant la complexité des pièces (dans le fond, c’est juste Frère Jacques dans une autre tonalité…).

La partie électro de la soirée fut très intéressante aussi. Un petit peu plus planant et un peu moins dansant que je ne l’avais espéré, mais j’ai grandement aimé la prestation de Thomas Fehlmann en collaboration avec certains musiciens de l’OSM (variation sur le thème de Symphonie no 1 de Mahler, entendue un peu plus tôt). Et beaucoup aimé les projections visuelles : une œuvre de Baya Cardell & fils.

Et que dire de tous ces gens en fin de soirée, habillés chics (robe élégante, talons haut, cravate, veston, colliers de perles pis toute) qui font la file d’attente à l’extérieur pour aller aux toilettes chimiques. « Penses-tu qui reste du papier de toilette?! Penses-tu qui fournissent du p’tit Purell?! »… Eh oui, c’est ça les concerts dans des endroits inusités. Ça donne des souvenirs inusités aussi.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire