Un petit mardi soir tranquille au Francos, ce soir je cours pas nulle part. Je vais juste voir Pierre Lapointe.
Rendez-vous à 19hres au Club Soda, il fait encore soleil dehors. Je rentre, mes yeux ne veulent pas s’habituer à la noirceur. J’ai l’air mésadapté. Le gars à la porte ne me croit pas que je dois d’abord aller à la table de presse pour avoir mes billets, maintenant j’ai l’air d’une imposteur mésadapté. Quelques minutes de gossage plus tard, je vois enfin où ce que je vais, et je suis entrée en toute légalité.
19h15, c’est le chanteur français JP Nataf qui assure la première partie. Selon son site MySpace, JP Nataf donne dans le folk/pop/indie, j’ajouterais à ça folk/pop/indie/typiquement français. Un folk assez conventionnel, pas désagréable mais pas accrocheur non plus. Les textes me semblent être le point central de son œuvre, malheureusement je distingue très mal les mots. Je m’en tiendrai donc à dire ceci : presque une heure de première partie, c’est ambitionner sur notre capacité d’écoute. Mais là, finir ça avec une chanson de 9 minutes, dont le mot « downtown » est répété en loop pendant 5 minutes, c’est se tirer dans le pied. Désolée pour mon manque d’enthousiasme, le soleil me manquait.
20h15, après une petite bouffée d’air. Retour dans l’obscurité pour le début du spectacle Sentiments Humains de Pierre Lapointe. Première chose qui m’étonne : la salle est loin d’être pleine. C’est Pierre Lapointe après tout, pourquoi donc? Il faut dire que Pierre Lapointe, c’est pas le « highlight » des Francos cette année. Pour l’édition 2010, c’est plutôt Cœur de Pirate. Mais moi ça me dérange pas, Pierre Lapointe au Club Soda c’est plus personnel. J’avais assisté au spectacle Mutantès, il y a deux ans de cela. La grandeur de la salle (Wilfrid-Pelletier) et la lourdeur de la mise en scène m’avais un peu laissé de glace. Je me sentais trop coupée de l’interprétation de Pierre Lapointe. Là au moins, au Club Soda, c’était plus intime. J’avais envie d’être plus proche de lui et de l’écouter simplement. Comme si c’était mon ami. En plus y’a l’air ben fin.
Je reconnais le maniérisme de Pierre Lapointe, tel que je l’ai vu lors de Mutantès. Mais je le sens plus libre de s’exprimer à sa façon. Il aime entrer en contact avec le public, de façon directe et étroite. Et c’est ce qui fait tout le charme de son spectacle. D’ailleurs, la présentation de ses musiciens occupe une bonne partie du spectacle. Pas d’artifice, que du small talk, t’sais. Et pourtant c’est réellement captivant. J’aime qu’on accorde autant d’importance aux musiciens qu’on leur accorde ce moment, pour définir qui ils sont, pour sincèrement les remercier. Et Pierre Lapointe a cette facilité à rendre tout intéressant. Je vous le dis, je veux vraiment être son amie.
Mais il fait de la musique aussi, ah oui. Au cours de cet excellent spectacle, on a pu entendre plusieurs des compositions de son dernier album, tel que Ces étranges lueurs/Le magnétisme des amants, Je reviendrai, Au bar des suicidés, Les sentiments humains. Oui, Pierre Lapointe, version full band, c’est magistral, la qualité des arrangements rend ce spectacle d’une efficacité impressionnante et ce, peu importe la grandeur de la salle, j’en suis convaincue. La version solo est tout aussi touchante. Je n’ai qu’à penser à cette excellente chanson empruntée à Elisapie Isaac, Moi, Elsie (écrite par Richard Desjardins), que Pierre Lapointe s’approprie d’une façon extrêmement émouvante.
Oui, Pierre Lapointe fait indéniablement partie des géants de la musique québécoise, et ça ne changera pas. Que le public y soit par dizaines ou par milliers.

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