Un phénomène est apparu sur Youtube, il y a quelques mois de ça. Une vidéo, franchement bien réalisée, qui met en scène un groupe de rap-rave sud-africain et ses trois membres bizarroïdes: Ninja, Yo-Landi Vi$$er et DJ Hi-Tek. Ils sont Die Antwoord. Ils sont les figures montantes du mouvement Zef. Et selon le site Wikipédia, le Zef est décrit ainsi (librement traduit de l’anglais, sur la page de Die Antwoord): «un style proprement sud-africain qui est moderne et trashy, qui inclut des références culturelles et stylistiques désuètes et démodées». Avouez que ça vous laisse perplexe.
J’ai toujours été troublée par ce groupe. J’ai beau écouter leurs vidéoclips, leur musique, incapable de me faire une idée. Je trouve ça extrêmement mauvais, mais du pur génie en même temps. Comment ça fait pour se côtoyer ces sentiments-là? D'accord, la réalisation, la direction photo et les concepts derrière les vidéoclips (et le site Internet) sont vraiment fascinants. Pour ce qui est de la musique, j’ai décidé de profiter de leur passage à Montréal (2e en 2 mois en fait) pour tenter de me faire une idée.
Le spectacle débute. Au parterre, une foule plus compacte que jamais manifeste sa joie. Sa haine, en fait… je crois, je ne sais plus trop. Sur scène, seul l’écran géant attire notre attention: une image quasi fixe du visage de ce «nain» qui fait office de «mascotte» au groupe. Il est immobile, impassible. J’ai des frissons (est-ce qu’il existe pour vrai lui?!?! Si oui, je ne veux JAMAIS le croiser dans la rue!). Puis, derrière son laptop, apparaît DJ Hi-Tek. Pour lui, on se passera de commentaire parce qu’il ne semble pas être quelqu’un qui a envie de faire jaser de lui. Puis, nos deux protagonistes: Yo-Landi et Ninja. Elle: une minuscule femme aux cheveux blonds presque blancs, aux allures d’enfant malgré son corps vraiment sexy. Lui, un grand maigre aux cheveux en brosse, aux allures dures. Drôle de match. Leurs costumes de scène varient entre le survêtement de peinture, les costumes de Pokémon, le legging doré avec un t-shirt ras les seins et des boxers blanc lousses (portés par lui, j’entends).
Au niveau musical, pas plus d’opinions à émettre. Puisqu’il s’agit majoritairement de séquences électroniques, on ne peut pas dire grand chose autre que ça sonne comme sur le disque. Pour ce qui est des deux rappeurs, leur style est vraiment intéressant, j’adore les roulements de «r» dans leur accent sud-africain et j’aime le fait qu’on retrouve beaucoup de mots en langue Afrikaans dans leurs paroles. Ça rend leur flow vraiment très particulier. Et puisque Die Antwoord n’a qu’un seul album à son actif, on a pas mal eu droit à toutes les chansons de l’album $O$, dont la populaire Enter the Ninja. Je ressors du Métropolis tout autant troublée et indécise qu’en y entrant.
En langue Afrikaans, Die Antwoord signifie The Answer. La réponse. Moi je ne l’ai pas trouvée. Et si vous lisiez cet article pour vous aider à vous faire une idée sur ce groupe, je suis désolée. Profitez-en quand même pour aller faire un tour sur leur site, ça vaut clairement le détour.
emiliegagne@gmail.com

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