jeudi 3 mars 2011

Interpol au Métropolis

Je n’ai pas écrit un article depuis des lustres, je m’ennuyais.

Peut-être que je suis rouillée ou que j’ai trop de choses à dire, je sais pas. Ben du nouveau depuis la dernière fois, ben du nouveau. Mais ça, ça vous intéresse pas. J’en reviens donc au spectacle d’Interpol (tsé la grosse hype de 2003?) au Métropolis, le 9 août dernier.

Le show se donnait à guichets fermés (et ça j’y reviendrai plus tard). J’ai rejoint un ami à 20h00 tapant (20 minutes plus tard, donc). Juste à temps pour une pré-première partie : un genre de DJ qui passait presque inaperçu, tant pour sa présence que pour son talent à mixer des bonnes tounes. Il a quêté quelques fois des applaudissements, et en bon montréalais que nous sommes (et quelques banlieusards, mais ceux-là on les aime un peu plus depuis la sortie du nouvel album d’Arcade Fire) je vous laisse deviner si on a donné suite à sa demande. Bref, je sais pas c’était qui, j’ai pas d’intérêt à chercher son nom. Si ça vous intéresse, vous chercherez. Alors passons.

La vraie première partie était donc assurée par Twin Tiger. Un groupe d’hipsters, oui oui, dans le genre fausses lunettes Ray Ban et t-shirts American Apparel. Et aussi, ils viennent d’une de ces villes américaines qui n’a pas assez de personnalité pour avoir un nom à soi, Athens, Georgie, USA. Pas que ça influence en quoi que ce soit la qualité de leur musique, tout de même. C’est du rock noisy et assez dark, bref, c’est tout à fait convenable en tant que prélude à Interpol. Maintenant, est-ce réellement bon?Je ne saurais vous dire, la qualité de la sonorisation qu’on réserve aux bands de première partie me donne froid dans le dos et envie de me boucher les oreilles. Si vous voulez réellement savoir, attendez qu’ils donnent leur propre show, là on saura. Ah, que c’est ingrat, le rôle de première partie.

On en vient au principal, plusieurs (dizaines de) minutes après. Interpol, enfin. Ces New Yorkais qui, il y a de cela huit ans, ont donné un nouveau souffle au rock et ont permis à plusieurs nouveaux groupes de surfer sur la vague (She Wants Revenge? Peut-être…). La foule est compacte et la tension est à son comble (oui! Du monde pas content, des batailles pis toute! Est-ce que l’attente était trop longue?). Fallait bien quelques bonnes chansons pour calmer les anxieux. Ainsi, on a eu droit à plusieurs chansons du premier album, l’excellent Turn on the bright lights, Don't Say Hello to the Angels, Leif Erikson, PDA (yessss), NYC, Obstacle 1 et Stella was a diver and she was always down, qu’on a pu entendre en dernier rappel. Certes, on a aussi entendu plusieurs autres titres des albums qui ont suivi (Evil et Slow Hands entre autres, de l’album Antics), reste que j’ai eu cette impression que Paul Banks et sa troupe sont conscients et assument le fait qu’ils doivent leur actuelle notoriété principalement à leur premier album. On a tout de même entendu quelques extraits du nouvel album à venir, dont Success et Barricades. Bref, le groupe a offert une excellente performance et à en juger leur interaction avec la foule ce soir-là, les membres d’Interpol étaient fort heureux de retrouver leurs fans montréalais. La soirée a été musicalement délicieuse, j’étais satisfaite de ma première soirée en leur compagnie.

Pas que je voudrais finir cet article sur une mauvaise note, mais j’ai un peu de venin à cracher…. Et ça vous aurait peut-être enlevé l’envie de me lire si je l’avais fait en commençant.
Le Détesteur est mort? Il y a certainement quelques personnes qui ont envie de prendre sa relève. Dont moi, une fois de temps en temps. Alors ça va comme suit…

Pour en revenir au niveau de confort que peut procurer le ratio personne au pouce carré dans un show sold out… Faudrait qu’on se comprenne. C’est NORMAL que, dans une salle pleine à craquer, on se sente un petit peu plus à l’étroit. Va falloir que tout le monde fasse un petit effort. C’est-à-dire, j’en ai rien à crisser de toi, Monsieur Non-s’il-te-plaît-mets-toi-pas-derrière-moi-c’est-parce-que-j’ai-mal-à-mon-nerf-sciatique. Ou de toi, Monsieur Faut-que-tu-me-laisse-de-la-place-tu-vois-c’est-une-question-de-sécurité. Quand t’es gros et que tu mesures six pied six, ta bulle personnelle supposément plus grande que celles des autres…Dude, tu l’as mangée ta bulle, tant pis pour toi! On va se comprendre, on a tous payé notre billet le même prix (vous, pas moi) c’est donc pas un argument pour se téter un petit peu plus de confort. On va tous s’arranger comme on peut pour voir de quoi. Tu peux bien investir un an de salaire pour inviter Interpol à jouer dans ton salon pis rester assis dans ton La z boy. D’ici là, sacre-moi patience avec ton argument à quarante balle. (Sur ce, merci le staff du Métropolis!!)

… Me meurs d’envie de te parler, à toi, toi et toi. Vite, vite, un autre show. L’automne s’annonce beau.

**Le nouvel album d’Interpol (éponyme) sera en vente à partir du 7 septembre 2010.

http://www.interpolnyc.com

http://www.myspace.com/thetwintigers

emiliegagne@gmail.com

Passion Pit au National


Le National, 12 juillet. Dernière date d’une longue tournée, entamée en décembre dernier et dont plusieurs spectacles ont eu lieu à guichets fermés

Passion Pit, c’est d’abord l’idée de Michaël Angelakos qui, il y a à peine trois ans, écrivait et composait ses chansons dans un dortoir de l’université qu’il fréquentait à l’époque. Les chansons étaient enregistrées à l’aide du micro intégré dans son ordinateur portable. Aujourd’hui, Ian Hultquist, Ayad Al Adhamy, Jeff Apruzzese et Nate Donmoyer ont rejoint les rangs du groupe, et supportent la créativité d’Angelakos. Passion Pit, c’est du synth-pop. C’est de la musique ultra-légère et ultra-joyeuse. Le genre de musique qui rappelle qu’il existe des choses saines dans la vie, et que ça vaut la peine parfois de célébrer ça.

La salle est remplie. Et à analyser le manque de rides et/ou de présence de barbe sur le visage des personnes qui croisent mon chemin, je dirais que la plupart des gens qui occupent la salle ont en bas de vingt ans. Il y a certainement une grande majorité des portefeuilles qui se trouvent dans cette salle qui ne contiennent de l’argent que dans le but d’acheter des fringues cool et des minutes de cellulaire. Ça sent l’allocation hebdomadaire de papa et maman. Bon ça va faire le jugement sur la jeunesse, je suis une vieille grincheuse. Mais je tiens à dire que j’ai pas de rides moi non plus par contre. Et puis tant pis, ils ont du goût ces kids là, pour venir écouter ce show. Je les aime bien dans le fond.

Le groupe arrive sur scène, cinq jeunes adultes au grand sourire et aux yeux pétillants. Les premiers sons de synths se font entendre… et oui, ma foi, Angelakos chante aussi aigü en spectacle que sur l’album. Des minutes bourrées de bonheur s’ensuivent, au son des chansons Kingdom Come, Sleepyhead, Seaweed Song, Little Secret et Dreams (une reprise des Cranberries) pour ne nommer que celles-là. De la foule, des voix (principalement féminines) s’élèvent, et se chargent des back vocals du début à la fin du spectacle (mais ce n’était presque plus des back vocals tellement ils (elles) chantaient fort). À un certain point, Michaël Angelakos lance un défi : il ne quittera pas cette salle tant que les gens du balcon ne se seront pas levés et mis à danser jusqu’à la toute fin du spectacle. Et le défi est relevé avec brio, aussitôt demandé, aussitôt fait.

Un rappel sera très longuement demandé de la part des spectateurs, et les membres réapparaissent, tous de lycra vêtus, du legging en gold s’il-vous-plaît. Des bandeaux de jogging de couleur fluo et des camisoles trop échancrées. Ok, le eighties style, c’était drôle y’a 3-4 ans, mais maintenant des photos dans ce style, il en pleut sur les profils Facebook. Petit feeling de déjà (trop) vu. Mais ça n’arrêtera pas les 18-20 ans de s’extasier. La petite demoiselle à côté de moi sort son appareil photo et filme le tout, en dansant intensément. La caméra se promène de tous bord tous côté (dude, ton vidéo servira à rien!). Mais je suis sooooo terre à terre.

Bref, en pleine effervescence, la formation originaire du Massachusetts ira loin, très certainement. Et suivra peut-être le sentier de la gloire tracé par les autres Phoenix de ce monde. Surveillez les prochainement, vous entendrez parler d’eux.

Passion Pit
s’arrête très brièvement pour un peu de repos et reprend la route dès la fin juillet. Une autre longue tournée qui les mènera sur quatre continents. Si jamais dans cette intense tournée, ils trouvaient le temps de repasser à Montréal, allez les voir. Ça fait du bien.
http://www.myspace.com/passionpitjams

emiliegagne@gmail.com

Yoshimi VS les confettis


Flaming Lips, une légende urbaine?
Flaming Lips à Montréal, c’est un peu comme une légende urbaine. Certains les ont vus à Osheaga il y a quelques années. Depuis ce temps, la rumeur va bon train… paraîtrait que Flaming Lips, c’est pas un show normal, c’est « autre chose ». Genre un chanteur qui court sur la foule, des confettis, de la couleur, BEN de la couleur, etc. Really? C’était le temps de vérifier si les « osheageux » sont une bande de menteurs. Le groupe était de retour à Montréal le 7 juillet dernier.

La mission numéro 1 était d’abord de trouver du linge à se mettre. Du linge qui couvre juste ce qu’il faut couvrir, pas plus. Parce qu’avec un facteur humidex faisant grimper le mercure jusqu’à 44 degrés celsius, aller s’enfermer dans une salle avec environ 2000 autres personnes, ça ne me donne pas l’impression que je m’en vais me rafraîchir.

Le groupe New Yorkais Fang Island avait pour tâche de réchauffer la salle (haha!) avant l’arrivée de Flaming Lips. Fang Island, ces cinq gars de Brooklyn qui, selon leur site Myspace, font du Healing & Easylistening/Powerpop/Progressif. Ah, Myspace de nos jours, c’est une source d’informations si juste. Selon moi, ça sonne plus comme du rock progressif fait par des hipsters. C’est loud, mais c’est vraiment joyeux, ensoleillé. Bref, c’est tout à fait dans la lignée de Flaming Lips. Encore une fois selon leur site, leur musique sonne comme « everyone high-fiving everyone ». Ça par contre, ça m’apparaît tout à fait juste.

Faut croire que les membres de Flaming Lips avaient eu un retard ou un empêchement quelconque car, une fois la première partie terminée, on a eu droit au test de son. Et pas que ça. Tous les membres de FL étant sur scène pour accorder leurs instruments, la foule était un peu hébétée, sachant plus ou moins si le spectacle devait débuter ainsi. On aura aussi droit à un test de lumières, de fumée, de confettis… bref, le punch venait d’être vendu d’avance. Mais à ce point là, on sait déjà que les « osheageux » ne sont finalement pas des menteurs.

Après quelques excuses pour ce que je qualifierais de manque du sens du spectacle, tout le monde quitte la scène. L’écran géant s’illumine. Une séquence vidéo mélange des images de courbes féminines, d’une femme dansante et d'un vagin aveuglant (oui oui). Une porte s’ouvre en plein milieu de l’écran, surprise! Chaque musicien y passe, salue la foule, descend le long d’une grande glissade et atterrit sur scène. Est-ce que j’ai parlé de manque de sens du spectacle? J’ai déjà oublié qu’on a assisté au test de son. Et la suite? Eh oui… un chanteur à l’intérieur d’un énorme ballon transparent qui marche sur la foule, des tonnes de ballons multicolores qui sautillent partout dans la salle, de la fumée, des confettis. Tout ça est vrai! Je me sens comme une enfant de 10 ans que ses parents emmènent à Magic Castle. J’en perds la tête, je crie, je ris, j’ai un peu trop d’énergie. Je me bats contre un gars de 7 pieds 4 à côté de moi pour essayer de taper les ballons avant qu’il ne le fasse (dans une foule, y’a toujours un gars qui a une tête de plus que tout le monde et qui se plante en avant d’une poignée de gens de 4 pieds 2. Pas que je mesure 4 pieds 2, mais bon. Anyway).

Il fait si chaud dans la salle, je n’ai jamais sué autant de toute ma vie de fille pas sportive (et je n’ai jamais autant dégouliné de la sueur des autres aussi, eurk). Tellement, que les confettis me restent collés à la peau.et que je me recouvre peu à peu d’une espèce de pâte à papier. Bref, j’en aurai pour 24 heures à retrouver des confettis dans ma camisole, dans mon sac, dans mes souliers, dans mes bobettes (non quand même pas) et dans mon lit. Souvenirs latents de spectacle.

C’est bien beau tout ce tapage visuel, n’empêche que ça relègue la musique au second plan. On peut difficilement apprécier pleinement le talent des musiciens et l’interprétation des chansons. Peu importe, on a adoré envoyer paître Georges W. Bush à grands coups de YA! YA! YA! YA! YA! Et on a eu droit aux grands classiques de FL, soit Do you realize?, Are you a hypnotist?, Yoshimi battles the pink robots, The Yeah Yeah Yeah song, mais aussi aux plus récentes, The sparrow look up at the machine, Evil, See the leaves et tant d’autres. On patauge dans la fumée, on imite des animaux de la ferme (sur I can be a frog), on danse avec des petits bonhommes orange. C’est comme une grosse hallucination, mais c’est Flaming Lips.

Bref, je confirme. La légende urbaine est vraie. Flaming Lips, c’est un gros cirque dont on est le héros. À vous maintenant de voir si vous y croyez ou pas.

Festival de Jazz… l’épisode final


Voici le récit de la fin de ma mission au Festival de Jazz, édition 2010
Land of Talk, Club Soda, 1er juillet
Les hipsters montréalais se donnaient rendez-vous au Club Soda ce soir là. Mené par la chanteuse et guitariste Elizabeth Powell, le groupe anglo-montréalais Land of Talk a livré une performance sobre, mais saisissante. Miss Powell semble si fragile si scène et ça ne rend sa performance que plus touchante. C’est tout ce que j’ai à dire là-dessus pour l’instant. À surveiller dans les prochains mois.

Antipop Consortium, Club Soda, 2 juillet

Semblerait que la métropole n’était pas trop au courant de l’existence d’Antipop Consortium… Seulement quelques dizaines de curieux se sont présenté au Club Soda ce soir-là pour assister à leur prestation. Et pourtant, APC, c’est un gros morceau de la culture hip hop américaine depuis les vingt dernières années environ (à contre-courant du hip hop mainstream, faut le spécifier). Pas de grands artifices pour ce spectacle : pas de grillz, pas de nanas semi à poil, pas de dude semi-inutile qui fait acte de présence juste pour ajouter de l’attitude. Juste trois gars, de l’électro bien ficelé (beaucoup d’électro en fait), des bons grooves et juste assez d’attitude. J’aime ça de même. Un spectacle qui n’est pas exactement mémorable non plus, étant donné le peu d’ambiance dans la salle, même si le groupe autant que les spectateurs ont bien tenté de faire lever le party. Perso, j’ai bien tenté de faire du bruit pour trois, même si je suis habituellement low profile dans un show d’hip hop. Toutefois, ça n’a pas semblé déranger Beans, High Priest et M. Sayyid qui nous ont tout de même livré une performance digne de ce nom. En espérant qu’ils viennent nous revisiter un jour avec un petit peu plus de fans au rendez-vous…
*Ce spectacle avait lieu dans le cadre des festivités qui souligne le 20e anniversaire de l’étiquette Ninja Tune, sur laquelle vous pouvez retrouver le plus récent album d’APC, Fluorescent Black (sur Big Dada, en fait).


Misstress Barbara, Club Soda, 4 juillet

Après la désertion du Club Soda deux soir auparavant, ça faisait du bien de voir cette même salle pleine de gens vraiment prêts à avoir le fun de leur vie. Si je connais un peu la carrière de Misstress Barbara en tant que DJ, j’en connaissais très peu sur ses compositions personnelles. J’ai été très contente de voir que le deejaying n’avait pas été laissé de côté et qu’il avait encore sa place dans ses shows. Ce soir-là, on voyait sur scène Misstress Barbara et son groupe Girls on a Ducati, mais aussi les désormais hypés Random Recipe, le très charmant Sam Roberts et Isabelle Day. Plusieurs chansons m’ont vraiment fait apprécier la performance, dont I’m Running (feat. Sam Roberts) et Four on the Floor. De toute la série de spectacles Les nuits Heineken du Festival de Jazz, c’était une des soirées qui a eu le plus de succès (avec Émilie Simon, premier spectacle de la série).

Holy Fuck, Club Soda, 5 juillet
Ce band, dont le nom donne un frisson dans le dos de ma mère quand je lui dis qu’est-ce que je vais voir comme spectacle ce soir-là, c’est un groupe rock/expérimental/électro de Toronto. Une autre soirée de hipsters montréalais. Dans mes coups de cœur parce que les grooves sont vraiment excellents, mais le soleil qui a tapé trop fort sur ma tête durant la journée ne m’a pas permis d’apprécier pleinement le spectacle, qui avait lieu à minuit le soir. 75% de mon cerveau devait être cuit et inutilisable à ce moment-là. Et j’avais besoin d’un bon 20% juste pour réguler ma température corporelle. Alors voilà. Si vous avez vu un légume dans la salle ce jour-là, c’était moi. Bref, j’ai hâte qu’Holy Fuck vienne refaire un tour dans la métropole, je m’arrangerai pour avoir le cerveau efficace cette fois-là. En attendant, écoutez leur excellent album Latin America, sorti en mai dernier.

Voilà, c’est ce qui conclut mon sightseeing tour au Festival de Jazz cette année. J’espère que ça vous aura servi.
NDLR : La prochaine édition du Festival international de Jazz de Montréal se déroulera du 25 juin au 4 juillet 2011.

Le Festival de Jazz… 1ère partie

Quelques 800 concerts qui se déroulent dans un quadrilatère relativement restreint et ce, en 12 jours seulement.
Le Quartier des Spectacles, c’est mon nouveau Rosemont. Comme si j’y habitais, je jase avec les quêteux, je leur fais des résumés des concerts. Je connais les raccourcis, je vois le même monde aux mêmes endroits (et eux me voient toujours aux mêmes endroits aussi), j’observe les routes en construction (ça change pas vite…), je regarde la construction de la nouvelle salle de l’OSM et je me dit que ça ressemble juste à un immense parking de béton pour l’instant. Je connais les rabais par cœur chez H&M, juste à côté du site. Comprenez l’idée? D’une salle à l’autre, d’une scène extérieure à l’autre, j’assiste à tous les spectacles que je peux voir. Ça fait beaucoup. Je vais vous faire un petit résumé des meilleurs moments avant que mon cerveau ne commence à mélanger des affaires.

Brian Setzer Orchestra
Sur la scène TD le 25 juin, Brian Setzer donne le coup d’envoi du festival. Il fait beau, il fait chaud mais pas trop. On regarde le spectacle directement si on le peut. Mais pour la majorité des gens, on regarde les écrans géants, disposés un peu partout sur le site. On tombe dans la lune, on finit par regarder les bandes commanditaires qui défilent au bas des écrans. Bon, je veux pas tomber dans la lune, c’est Brian Setzer Orchestra, c’est clair qu’il y a des danseurs de swing en quelque part, on part à la recherche! Oh que oui, il y en a. Une mini-scène est érigée tout près de la scène principale, des danseurs professionnels y donnent tout un spectacle! Et puis dans la foule à l’avant de la scène, d’autres danseurs, plus low profile ceux-ci, s’en donnent à cœur joie. Si je savais danser le swing je me serais clairement joint à eux, et ça en aurait vraiment valu la peine.

Soirée d’anniversaire, les 20 ans de Ninja Tunes
Au Métropolis le 26 juin, se donnaient rendez-vous, Kid Koala et son groupe The Slew, Dj Food, et surtout, surtout… Spank Rock. Ce mec à l’allure très effilée, qui sait faire lever une foule comme (presque) personne d’autres, qui a une énergie sublime et contagieuse, qui danse follement bien (je suis un peu séduite là…), personne n’y reste indifférent. Si le disque YoYoYoYoYo, paru en 2006, vous a plu, dites-vous qu’on a eu droit à ça, mais avec des grooves à la puissance 10. Ass and bass. Voilà.

Sonny Rollins
Salle Wilfrid-Pelletier, 19h30 précises. Dans ma rangée, on retrouve principalement des journalistes, tous affairés à leur Blackberry/iPhones, et une autre, affairée à ses baguettes de tricots, oui oui. On s’occupe comme on peut pendant que Sonny Rollins se fait un peu désirer, le trafic ayant retardé l’arrivée du saxophoniste sur scène. 19h45, le vieil homme se précipite sur scène, salue les admirateurs, s’empresse d’accepter le prix Miles-Davis qui lui est remis cette année, pour honorer l’ensemble de sa carrière. Après de très brefs remerciements, le saxophoniste rejoint ses musiciens. Le dos courbé, le pas chambranlant, les genoux tremblotants, oui M. Rollins les fait ses 80 ans. Et pourtant, rien de son talent et de son expertise n’a changé, tout est intact. C’est de la pure magie qui s’échappe de son souffle et de ses doigts. Magnifique, et touchant je vous le dit. Voir un géant du jazz, au moins une fois dans ma vie: Check.

The Narcycist

Sur la scène Groove Bell, le lundi 28 juin. Belle découverte, ce rappeur montréalais d’origine arabe. Il détonne complètement dans le paysage hip hop actuel, et ça fait du bien. L’homme, membre du collectif artistique musulman des Euphrates, écrit des textes engagés mais d’abord léger et humoristique. Sa musique est joyeuse et dansante, une heureuse combinaison des sons traditionnels du Moyen-Orient et rap d’ici. Écoutez son succès P.H.A.T.W.A sur son site MySpace. http://www.myspace.com/euphrates

Allez, on continue. Deuxième partie à suivre, très bientôt.
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At Midnight, the birdsong

Le groupe folk-rock sherbrookois Jake and the Leprechauns en est à sa 3e parution d’album.
Ce tout nouvel opus s’intitule At Midnight, the birdsong, et il est en magasin depuis le 22 juin. Vous avez déjà entendu parler d’eux? Il est possible que non, parce JATL c’est comme un secret bien gardé, et pourtant c’est un joyau du folk québécois.

Jake and the Leprechauns, c’est d’abord deux amis et excellents musiciens du nom de Philippe Custeau (pedal et lap steel, voix, entre autres) et de Charles-Antoine Gosselin (voix et guitares principalement) accompagnés de leurs acolytes Maxime Rouleau, Marc-André Gosselin, Sylvain Lussier et Simon Bergeron. Tout autant de bons musiciens qui ont eu l’opportunité d’enregistrer leurs plus récentes compositions au réputé studio Hotel2tango avec l’aide de Mark Lawson (il a travaillé pour Arcade Fire entre autres). Ce plus récent album, c’est le summum (so far) de leur art et de leur expérience. Des mélodies douces et apaisantes, des paroles matures, réfléchies et bouleversantes. Et la voix de C-A Gosselin, précise et envoûtante, qui sert bien l’émotion et la signification des propos.

J’ai un coup de cœur pour les chansons Remnants, Longanimity, A unified theory of everything et Busy Bee. Des chansons de grande qualité, autant pour les mélodies et les arrangements que pour les paroles, profondes et émouvantes. Vous pouvez d’ailleurs découvrir l’excellent vidéo qui a été créé pour la chanson Busy Bee.

JATL fera un petit tour dans la métropole aujourd’hui, le 13 juillet au Petit Campus et le 5 août au Divan Orange. Entre deux, JATL retourne dans son Eastern Township pour un spectacle le 18 juillet au Vieux Clocher de Magog. Prenez le temps de les découvrir maintenant, alors que vous en avez l’occasion car, avec cet album (et la collaboration de Ideal Friend, un nouveau partenaire avec qui une entente a récemment été conclue) JATL risque d’aller faire entendre son folk un peu plus loin, et, qui sait, peut-être intégrer la sphère folk américaine d’ici les prochains mois. On le souhaite.

Découvrez Jake and the Leprechauns si vous aimez Nick Drake, Wilco, Neil Young, Tom Waits et/ou Iron and Wine.
www.myspace.com/jakeandtheleprechauns
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Festival de Jazz


À voir durant le Festival de Jazz de Montréal
Il est venu le temps de l'été où Montréal devient jazz. En fait, jazz et bien d’autres choses. C'est le retour du Festival International de Jazz de Montréal, du 25 juin au 5 juillet 2010.

Le jazz, c’est un genre musical qui rejoint du monde, mais pas tant que ça non plus. On vient peut-être de partout dans le monde pour assister à notre festival montréalais, mais une réalité reste : au-delà du jazz, on a besoin de diversité. Ainsi, les dirigeants du festival ont su diversifier leur programmation en y présentant des spectacles rassemblant les différents styles musicaux inspirés, ou dérivés du jazz. Le funk, le hip hop, musique du monde, rock, etc. Dans le fond, tout a un lien avec le jazz, c’est de même.  Bref, le Festival de Jazz, c'est aujourd'hui festival de tout le monde.

Après cinq années à travailler en tant que disquaire dans un magasin culturel bien de chez nous, j’appris à spotter les bons disques et les bons artistes qui viennent se produire dans le 514 (à part quand Erykah Badu mélange le quai Jacques Cartier avec le parc Jacques Cartier de Sherbrooke, mais ça c'est une autre histoire). Désolée toutefois, mes années de dur labeur auprès de la clientèle culturelle québécoise ne m’ont malheureusement pas aidé à devenir une meilleure référence en jazz et blues. Peu importe, voici mes highlights à moi pour les quelques 9 jours à venir en cette 31e édition du FIJM :

Jazz
John Zorn (Masada Marathon), 1er juillet Théâtre Maisonneuve
John Zorn, Lou Reed et Laurie Anderson, 2 juillet, Salle Wilfrid-Pelletier
Karen Young et Eric Auclair, 5 juillet, L’Astral
 
Rap/hip hop
Spank Rock, Kid Koala, The Slew, Dj Food
, 26 juin, Métropolis (oui je sais, c’est passé, mais pour Spank Rock, vous VOULIEZ être là…)
The Roots, 30 juin, Métropolis
Antipop Consortium, 2 juillet, Club Soda
The Narcycist, Scène Bell, 28 juin
 
Rock
!!! (Chk Chk Chk),
30 juin, Club Soda
Holy Fuck, 5 juillet Club Soda
Land of Talk, 1er juillet, Club Soda
 
Électronique
Bonobo, Andreya Triana et Mr. Scruff
, 3 juillet, Métropolis
Dan Thouin et Cie, tous les soirs jusqu’au 5 juillet, L’Astral
Ghislain Poirier, Face-T et Kode 9, 28 juin, Club Soda
 
Pop, Folk et tout le reste
Elisapie Isaac,
3 juillet, Club Soda
Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, scène TD, 5 juillet
Jason Bajada et John Butler Trio, 6 juillet, Métropolis
Lewis Furey, Musée d’Art Contemporain, 30 juin et 1er juin

Vous êtes déçus d’avoir manqué certaines performances? Revoyez-en le résumé sur
www.montrealjazzfest.tv

Voilà. Enjoy!
 
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