jeudi 3 mars 2011

Yann Perreau au Métropolis

Compte-rendu du spectacle de Yann Perreau, le 27 novembre dernier




Depuis la sortie de son album Un serpent sous les fleurs (mars 2009), Yann Perreau et ses comparses ont sillonné la province, de long en large et puis fait quelques petits sauts outre-mer, une fois de temps en temps. Et puis entre-temps, a raflé le Félix du spectacle de l’année dans la catégorie auteur-compositeur-interprète. Trop peu de ses prestations ont empli nos oreilles et émerveillé nos yeux cette année, une supplémentaire avait lieu le 27 novembre au Métropolis. Compte rendu.
C’est d’abord le groupe rock/folk/psychédélique Final Flash qui avait l’honneur de faire la première partie du spectacle. Le band, qui a cette année lancé son premier disque intitulé Homeless (Indica Records), revient tout juste d’une grande tournée australienne (oui oui, rien de moins). Pour avoir vu Final Flash quelques fois en spectacle cette année, j’avais très hâte de voir ce qu’autant de voyages (Londres s’ajoute à la liste aussi…) et ce qu’une tournée d’une telle ampleur pouvait leur apporter, en quoi ça pouvait les influencer. Force est de constater que l’air de l’hémisphère sud leur a fait du bien: les gars sont plus énergiques et plus en contrôle de leur son que jamais, Joey Chaperon Cyr (à la voix et à la guitare) a beaucoup gagné en assurance et en contrôle. La performance est solide et convaincante. On continuera de les surveiller, croyez-moi ça en vaut la peine.
Puis c’est le retour de l’enfant-prodige sur scène. Éclairés à la lanterne, Yann Perreau et ses musiciens s’installent à leur instrument respectif et brisent la glace avec Le plus beau rêve. La scène est joliment, bien que sobrement décorée, les musiciens sont swell et Yann Perreau est sexy, as usual. Yann Perreau aime ses fans et ils le lui rendent bien.
J’ai toujours eu le même pattern avec les disques de Yann Perreau. Je l’écoute et je me dit: ouin c’est bien. Et puis je vois le spectacle et ça y est, j’écoute l’album en boucle pendant des jours et des semaines. J’ai besoin d’être témoin de l’intensité de Yann Perreau pour comprendre le sens de ses chansons, pour en comprendre la valeur. On le connaît comme une bête de scène, l’homme dont le déhanchement ne s’épuise pas (et dont je ne me fatigue pas non plus).  Son énergie intarissable, sa passion pour la musique et sa fougue sont tout autant de symptômes dont on est rapidement touché. Je danse ma vie et admire la vitalité de ce performer… Comme si tout à coup on n’avait pas à s’en faire: la vie est belle, la vie est légère, les gens sont beau et tout le monde s’aime. Tsé, ça nous pogne pas souvent un buzz de même? On en profite quand on nous met dans le mood.
Au cours de ce spectacle, on entendra ses plus belles créations (qui ont d’ailleurs été magnifiquement réarrangées pour l’occasion): L’amour se meurt, Le marcheur Rapide, Ma Dope à moi, Invente une langue pour me nommer, Conduis-moi, Fille d’automne, La pays d’où je viens, Le bruit des bottes (avec la présence de Loco Locass et Samian), La chanson la moins finie, C’est beau comme on s’aime (avec la collaboration du groupe CEA) et surtout… et surtout Amour Sauvage, cette magnifique interprétation d’un texte de Gaston Miron, chanson d’ailleurs qui se retrouve sur la deuxième compilation des Douze hommes rapaillés.
Mention spéciale pour le travail de Brigitte Poupart à la mise en scène: bravo bravo. J’avais d’abord remarqué son travail lors du spectacle de Misteur Valaire et j’ai retrouvé dans le spectacle de Yann Perreau, cette même touche, légère et pétillante. J’aime ça.
Voilà. On aura beau critiquer la validité et la crédibilité des prix remis lors du Gala de l’Adisq mais, quoiqu’on puisse en penser, Yann Perreau mérite clairement tous les honneurs qui viennent avec la statuette. C’est du pur délice. Visitez son site pour connaître ses dates de spectacles, il visitera sûrement une salle de spectacle près de chez vous dans les prochains mois. Et si c’est le cas, sautez sur l’occasion.

Die Antwoord : Zef so fresh

Retour sur le concert de Die Antwoord au Métropolis, le 25 octobre


Un phénomène est apparu sur Youtube, il y a quelques mois de ça. Une vidéo, franchement bien réalisée, qui met en scène un groupe de rap-rave sud-africain et ses trois membres bizarroïdes: Ninja, Yo-Landi Vi$$er et DJ Hi-Tek. Ils sont Die Antwoord. Ils sont les figures montantes du mouvement Zef. Et selon le site Wikipédia, le Zef est décrit ainsi (librement traduit de l’anglais, sur la page de Die Antwoord): «un style proprement sud-africain qui est moderne et trashy, qui inclut des références culturelles et stylistiques désuètes et démodées». Avouez que ça vous laisse perplexe.

J’ai toujours été troublée par ce groupe. J’ai beau écouter leurs vidéoclips, leur musique, incapable de me faire une idée. Je trouve ça extrêmement mauvais, mais du pur génie en même temps. Comment ça fait pour se côtoyer ces sentiments-là? D'accord, la réalisation, la direction photo et les concepts derrière les vidéoclips (et le site Internet) sont vraiment fascinants. Pour ce qui est de la musique, j’ai décidé de profiter de leur passage à Montréal (2e en 2 mois en fait) pour tenter de me faire une idée.

Le spectacle débute. Au parterre, une foule plus compacte que jamais manifeste sa joie. Sa haine, en fait… je crois, je ne sais plus trop. Sur scène, seul l’écran géant attire notre attention: une image quasi fixe du visage de ce «nain» qui fait office de «mascotte» au groupe. Il est immobile, impassible. J’ai des frissons (est-ce qu’il existe pour vrai lui?!?! Si oui, je ne veux JAMAIS le croiser dans la rue!). Puis, derrière son laptop, apparaît DJ Hi-Tek. Pour lui, on se passera de commentaire parce qu’il ne semble pas être quelqu’un qui a envie de faire jaser de lui. Puis, nos deux protagonistes: Yo-Landi et Ninja. Elle: une minuscule femme aux cheveux blonds presque blancs, aux allures d’enfant malgré son corps vraiment sexy. Lui, un grand maigre aux cheveux en brosse, aux allures dures. Drôle de match. Leurs costumes de scène varient entre le survêtement de peinture, les costumes de Pokémon, le legging doré avec un t-shirt ras les seins et des boxers blanc lousses (portés par lui, j’entends).

Au niveau musical, pas plus d’opinions à émettre. Puisqu’il s’agit majoritairement de séquences électroniques, on ne peut pas dire grand chose autre que ça sonne comme sur le disque. Pour ce qui est des deux rappeurs, leur style est vraiment intéressant, j’adore les roulements de «r» dans leur accent sud-africain et j’aime le fait qu’on retrouve beaucoup de mots en langue Afrikaans dans leurs paroles. Ça rend leur flow vraiment très particulier. Et puisque Die Antwoord n’a qu’un seul album à son actif, on a pas mal eu droit à toutes les chansons de l’album $O$, dont la populaire Enter the Ninja. Je ressors du Métropolis tout autant troublée et indécise qu’en y entrant.

En langue Afrikaans, Die Antwoord signifie The Answer. La réponse. Moi je ne l’ai pas trouvée. Et si vous lisiez cet article pour vous aider à vous faire une idée sur ce groupe, je suis désolée. Profitez-en quand même pour aller faire un tour sur leur site, ça vaut clairement le détour.


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Phoenix au CEPSUM

Retour sur le spectacle du groupe indie-pop français Phoenix, le 21 octobre dernier


Cette année, Phoenix s’est mérité le Grammy du meilleur album alternatif pour leur plus récent opus (sorti en mai 2009) Wolfgang Amadeus Phoenix. Ainsi, on a eu droit à quelques visites des Phoenix au cours des derniers mois. Pour avoir manqué (avec grande déception) leur spectacle au Métropolis en décembre dernier, ça fait quelques mois déjà que j’avais la ferme intention de me reprendre avec cette nouvelle venue au CEPSUM. Comme on dit, un plan B ça ne fait pas tout le temps la job…

Pas que je sois déçue de la performance de Phoenix, au contraire. En plusieurs points, la performance correspondait à ce que j'espérais. Les gars sont généreux avec leur public ( je parle ici de petites jasettes, de chanson parmi la foule, de petite promenade dans les estrades), les chansons ont très bien été exécutées (quoique assez similaires aux versions endisquées) et surtout, on s’est adressé à nous en FRANÇAIS. Parce qu’on a beau avoir affaire à une gang de Français (de France), ce n’est pas toujours gagné d’avance l’idée qu’on aura droit à ce qu’on s’adresse à nous dans cette langue. Ça avait d’ailleurs fait quelques vagues, à leur dernière présence au Métropolis, le fait que Phoenix s’était adressé à la foule principalement en anglais. Je suppose qu’ils en avaient, cette fois-ci, pris conscience, car on a eu droit à des interactions 100% en français. Bravo, on se sent privilégié, on n’en demandait pas plus. Toutefois, il faut se rappeler que 1) Thomas Mars, le chanteur du groupe, est marié à Sofia Coppola, réalisatrice américaine qui ne doit sûrement pas dire un mot en français 2) Phoenix a d’abord gagné sa popularité auprès du monde anglophone et Montréal, dans ce cas, n’y fait pas exception. Voilà pour leur défense. Également, on a eu droit à plusieurs excellentes chansons, principlalement tirées de l’album Wolfgang Amadeus Phoenix, dont: 1901, Lisztomania, Girlfriend, Fences, Armistice, Lasso, Rome, Love like a Sunset (Partie 1 et 2). Certaines datant des précédents albums : Long Distance Call, North, Love for Granted et Everything is Everything. On a même eu droit à un cover de Johnny Hallyday, une chanson intitulée La fille aux cheveux clairs. Voilà, ça fait le tour de ce que j’ai aimé.

Parce qu’il y a des choses moins le fun…. Car même si les gars de Phoenix ont donné un très bon spectacle, l’énergie n’y était pas à son maximum. C’était un show bien tranquille. Évidemment, Phoenix est en tournée de façon quasi continue depuis mai 2009, on comprend que le cœur n’y est peut-être plus autant qu’au premier show. C’est normal, mais un peu triste pour nous. Ça sentait la fin de tournée… On ressentait le «chu fatigué, je commence à avoir hâte de rentrer chez nous» sur le visage des gars. Et puis, nous on fatigue un peu aussi…parce que le CEPSUM, c’est d’abord un aréna. Ce n'est pas fait pour être agréable lors d’un concert. Selon l’installation de la scène, de l’ensemble des lumières et de la mise en scène, on comprend bien que ce spectacle aurait difficilement pu avoir lieu dans un endroit comme le Métropolis. N’empêche, dans un aréna, le son ne sera jamais réellement excellent, quoi qu’on y fasse. De plus, pour tous les gens qui étaient au parterre, un défi de taille: essayer de ne pas avoir froid pendant trois heures, parce que nos pieds sont séparés de la glace de la patinoire par un maigre 3 cm de tapis-mousse. Bref, avis à tous, si vous allez voir un show au CEPSUM, habillez-vous comme si vous restiez dehors pour la soirée.

En 2011, Phoenix prendra un peu de repos de la tournée et se concentrera sur la création d’un nouvel album. On serait quand même content d’avoir leur visite à nouveau durant l’année… au Centre Bell peut-être, ça serait le fun…


emiliegagne@gmail.com

Samedi dans l’urgence (Partie 2)

Concert symphonique et toilettes chimiques, suite et fin d’une soirée rocambolesque

(…)
J’arrive en taxi et en catastrophe  à la Brasserie Molson. Pas un chat dehors. Ben oui, c’est supposé être commencé.

Garde de sécurité : «Trop tard. On n’admet pu personne.»
Chauffeur de taxi : «Mais ma cliente a son billet!»
Garde de sécurité : «Billet, pas billet, c’est commencé. Pu personne n’entre.»
Moi : «Mais j’ai un laissez-passer média!! On m’a dit que ça serait correct!»
Garde de sécurité : «Ah oui? Ok on va vous faire entrer, madame. Je fais venir quelqu’un pour vous accompagner jusqu’à votre siège.»
Et pendant que je marche vers la bâtisse, on s’affaire autour de moi pour me fournir pochette de presse, billet, tite lampe de poche, monsieur-accompagnateur… Je m’assis, je dois avoir 5 minutes de retard sur le début du concert.

                                    ….c’est le fun des fois la vie…

La soirée était organisée en collaboration avec le festival de musique électronique Mutek. Au menu : l’OSM performe pour nous Messagesquisse, de Pierre Boulez et Symphonie no 1 « Titan », de Gustav Mahler. La soirée se poursuit avec des artistes de la scène électro berlinoise : Thomas Fehlmann (membre de The Orb) et Substance & Vainqueur. Et le tout se déroule dans un décor inusité: des palettes, des tours, des quasi-buildings de caisses de 24.

L’Orchestre Symphonique de Montréal et son chef d’orchestre, Kent Nagano, s’exécute devant mes yeux. J’ai encore le cœur qui pompe, d’avoir couru et du stress subi d’avoir quasi resté prise dehors. Je me concentre sur leur interprétation et je tente d’y retrouver mes repères. Une mélodie, un air connu, je ne sais pas. Je l’admets, je suis tellement une néophyte de tout le genre classique. Mais faut avouer qu’à la panoplie de symphonies, de concertos, d’opéras, d’adagios (etc.) qui existent… tellement qu’on ne peut plus les nommer par une association de quelques jolis mots, il faut les numéroter (Symphony no.5 in c minor op.67 Anyone?). Bref, passer du niveau « débutant » à « intermédiaire », ça prend considérablement du temps.  Pour en revenir au concert… Je n’y trouve aucun repère… mais c’est beau. Et c’est surtout d’une passion intense. : c’est impressionnant de voir à quel point on peut lire la concentration sur le visage des musiciens, et que dire des gestes fougueux de Kent Nagano… du délice pour les yeux.

Et du délice pour les oreilles. Faute de connaissances suffisantes, je ne peux me prononcer sur la qualité, l’acuité de la performance de l’OSM ce soir-là. Mais je peux certainement dire que je suis vraiment impressionnée, à quel point un entrepôt de bières offre une qualité de sonorisation exceptionnelle (probablement quelque chose à voir avec les techs de son aussi…). Et j’ai adoré les petites interventions de M. Nagano, nous expliquant les contextes de création des pièces interprétées (tiens donc, l’alcool a quelque chose à y voir), et vulgarisant la complexité des pièces (dans le fond, c’est juste Frère Jacques dans une autre tonalité…).

La partie électro de la soirée fut très intéressante aussi. Un petit peu plus planant et un peu moins dansant que je ne l’avais espéré, mais j’ai grandement aimé la prestation de Thomas Fehlmann en collaboration avec certains musiciens de l’OSM (variation sur le thème de Symphonie no 1 de Mahler, entendue un peu plus tôt). Et beaucoup aimé les projections visuelles : une œuvre de Baya Cardell & fils.

Et que dire de tous ces gens en fin de soirée, habillés chics (robe élégante, talons haut, cravate, veston, colliers de perles pis toute) qui font la file d’attente à l’extérieur pour aller aux toilettes chimiques. « Penses-tu qui reste du papier de toilette?! Penses-tu qui fournissent du p’tit Purell?! »… Eh oui, c’est ça les concerts dans des endroits inusités. Ça donne des souvenirs inusités aussi.

Samedi dans l’urgence (Partie 1)

Samedi, 16 octobre. Les minutes étaient précieuses. Récit d'un début de soirée pressé


Oui, cette année j’ai souvent dit ça : «À soir c’est LE soir.» Y’a des années de même, bien remplies de soirées not-to-be-missed. Le 16 octobre, c’était une de ces journées qui me donne des papillons dans le ventre bien longtemps à l’avance : Blonde Redhead s’en venait en ville.
D’autant plus que leur plus récent album, Penny Sparkle, ce n'est pas simplement un coup de cœur, c’est un coup de foudre. Dès les premières notes, mon cœur avait flanché. Cet album est beaucoup plus axé sur les synthétiseurs que ce que nous a fait connaître Blonde Redhead avec les albums précédents. Les guitares sont (presque) reléguées au deuxième rang: fort étonnant mais satisfaisant tout de même. Si Blonde Redhead m’avait, jusqu’à maintenant fait une forte impression et m’avait bouleversée par ses paroles profondes et poignantes, là je suis totalement vendue. Le fait que les membres de Blonde Redhead aient, pour la première fois, confié la réalisation de leur album à un tierce parti, et que ce tierce parti soit un duo de Suédois, et que je sois complètement fan de tout ce qui est Scandinave, y est peut-être pour quelque chose. Va savoir.

 Le groupe se présente sur scène : 21h25 ( j’ai vraiment remarqué cette fois-ci, je stressais parce que je devais partir tellement  tôt…). Kazu Makino, la partie féminine du trio, apparaît sur scène vêtue d’une jolie robe couleur crème et d’un masque qui semble être un mélange d’acier et de long poils, genre couettes de cheveux (blond roux?). Du moins, de mon point de vue, c’est ce qui m’a semblé. J’aime ce genre d’image féminine. Une beauté charismatique, qui bouge tout doucement, comme une valse. Et ce visage effacé par cet étrange masque de fer… Une projection féminine qui verse dans l’anonymat. C’est une image de la passion de la musique et c’est tout. Quoi que le masque n’a été porté que pour une seule chanson, Kazu Makino cache son visage avec ses longs cheveux. Je remarque que le trio est peu éclairé de face. Les lumières proviennent surtout de l’arrière de la scène. C’est définitivement une image effacée que les membres de Blonde Redhead se donnent. On n’admire pas les musiciens, on admire leur musique.
 Est-ce qu’on peut parler de «hits» dans le cas de Blonde Redhead? De chansons plus populaires? Chaque fan a ses propres coups de cœur. Pour ma part, j’ai entendu tout ce que je tenais à entendre: Falling Man, Here Sometimes, My Plants are Dead , S.W., Spring and by Summer Fall … Ah non, ce n'est pas vrai : il me manquait This is not.

Mea Culpa, j’ai manqué le rappel. Je ne sais pas ce qui s’est passé, quelles chansons ont été jouées. Je ne sais pas si les fans en ont redemandé huit fois plutôt qu’une, je ne sais pas je ne sais pas. Et j’aimerais le savoir. Moi j’ai dû sauter dans un taxi, pour un tout autre événement. Suite du récit de la soirée : demain.

Une soirée à Pop Montréal : Karkwa et Liars

Deux bons bands qui se produisent le même soir à Pop Montréal

Comme toujours, Pop Montréal offrait une programmation riche en spectacles à ne pas manquer. Dont deux que je tenais absolument à voir: Karkwa et Liars. Deux groupes qui ont sorti cette année des albums plus qu’excellents : Les chemins de verre pour Karkwa et Sisterworld pour Liars. Et l’excellence se concentre en une seule et même soirée : le 30 septembre dernier. Karkwa est au Métropolis à 20h30 tandis que Liars se produit au National à 22h30. Thank god, les horaires concordent.

C’était Leif Vollebekk qui assurait la première partie de Karkwa et le Métropolis était déjà plein à craquer. Comme quoi cet auteur compositeur folk montréalais suscite déjà beaucoup d’intérêt… Et effectivement ma curiosité et mon intérêt ont été captés par ces compositions douces et introspectives. Et je suis surtout charmée par le fait qu’une de ses  principales inspirations soit l’Islande… À découvrir, vraiment.

Je me fais un chemin à travers la foule, faut que je sois le plus près possible. Parce que ça va être follement bon et parce qu’il n’est pas question que je vois Louis-Jean Cormier de loin. Je m’arrête à deux pas de l’immense colonne de haut-parleurs (damn!) histoire de voir, de respirer un peu quand même, et de me faire défoncer les tympans. On attend beaucoup de Karkwa ce soir, parce qu’on a la chance d’entendre les compositions des  Chemins de verre pour la première fois sur scène depuis la sortie de leur plus récent album et depuis qu’ils sont les heureux récipiendaires du prix Polaris 2010, cette bourse qui récompense un artiste ou groupe émergent s’étant démarqué au cours de la dernière année. Bourse qui, pour l’occasion, a plus ravivé la fameuse (et esti de) friction anglo-franco… Et je pourrais m’étendre très longtemps sur ce que j’en pense, mais je vais plutôt revenir à ce que j’ai pensé du spectacle. Moins frustrant.

Pas frustrant du tout en fait, puisque Karkwa a donné une incroyable performance, digne de la qualité de leur nouvel opus et surtout digne de la fulgurante ascension qu’ils ont connue au cours des dernières années. On parle d’eux en Europe (dans la francophonie, ceci dit) et on parle même d’eux de l’autre bord là, dans le Canada anglais (2e esquive du sujet). Ce qui étonne le plus de Karkwa en spectacle, c’est le constant renouvellement et remaniement de leur répertoire, et même des chansons un peu plus vieilles. Cette constante modification des arrangements des pièces qui nous font découvrir un nouvel angle, un nouvel aspect aux chansons déjà connues, ce renouvellement qui nous permet un peu plus à porter attention au texte. C’est d’être maître de son art, c’est d’être incroyablement passionné, que d’offrir ces oeuvres sans cesse revisitées à son public. Entendu au cours de cette performance, une incroyable version quasi-méconnaissable d'Oublie Pas, cette chanson tirée de l’album Le volume du vent, qui deux ans plus tard, me fait encore dresser les poils sur les bras. Un bijou, un cadeau. Karkwa, je t’aime.

Le concert est à peine terminé qu’il est déjà temps de courir au National, histoire d’arriver à temps pour la performance de Liars. J’ai environ 5 minutes pour changer de mood, passer d’émotive et introspective à trashy. Ce n’est pas tout à fait évident, ça prend normalement plus de temps, mais je suis oh so polyvalente….
Liars, c’est depuis toujours excellent sur CD, un de mes groupes préférés depuis plusieurs années déjà. Pour la première fois, j’ai eu l’opportunité de les voir en spectacle lors de mon voyage en Italie, plus tôt cette année. Je ne sais pas ce qui m’avait enchanté le plus, la performance en tant que tel, ou peut-être plus le fait que je suis en voyage, que je suis émerveillée par tout ce que je vois, que le show a lieu sur une ancienne base militaire de la 2e Guerre Mondiale… tsé? Bref, cette fois en terrain connu, je me sentais plus en capacité d’analyser objectivement la performance. Pas tout à fait quand même, Karkwa ayant laissé une trace de feeling emo en moi… Toujours est-il qu’une performance de Liars, ça se passe sans décor concept, sans mise en scène fancy, sans grande interaction avec le public et ce n’est peut-être pas la plus grande démonstration d’habileté et d’exploration musicale qui soit, mais peu importe, c’est incroyablement bon juste de même. On a principalement eu droit aux compositions qui se retrouvent sur leur plus récent album, Sisterworld, le concert ayant été relativement de courte durée. Et c’est peut-être mon cerveau qui commençait à être influencé par l’alcool ou par la pluie abondante, je suis plus tout à fait certaine si j’ai entendu Brocken Witch (tirée de l’album They were wrong so we drowned) ou si j’ai juste voulu l’entendre. Et du peu d’interaction avec la foule, j’ai tout de même fortement apprécié le fait que le chanteur, Angus Andrew, a dit apprécier jouer dans une ville francophone, et qu’il est louable le fait que nous utilisions toujours le français malgré la forte présence de langue anglaise autour de nous (ça y est, une 3e fois et on n’esquive plus le débat). Bref.
 
À découvrir absolument si vous ne connaissez pas déjà :
Leif Vollebekk, l’album Inland. M. Vollebekk sera de retour en spectacle à Montréal le 30 novembre prochain.
Karkwa, tous leurs albums, dont le plus récent : Les chemins de verre. Prochain spectacle à Québec le 18 novembre prochain (avec Leif Vollebekk en première partie).
Liars, l’album Sisterworld. Pas de spectacles prévus dans les environs, concentrez-vous sur l’écoute de l’album, et la découverte des autres.

The Tallest Man on Earth au National

Soirée plus qu’étonnante le 23 septembre dernier, alors que S. Carey et The Tallest Man on Earth se donnaient rendez-vous sur les planches du National.


Je me rendais à ce spectacle simplement parce que la réputation devançait cet artiste. Accompagnée de copines qui ont pour lui plus qu’une simple adoration sans bornes, je me suis lancée à la découverte, je n’avais rien à perdre. Et c’est quand on n’a plus rien à perdre que les plus belles choses arrivent (et cette énonciation s’applique à bien plus que  juste la musique).

En arrivant devant le National, une horde de gens traînent, fument, jasent, attendent. Le show se donne à guichets fermés, on entend les classiques « anybody selling tickets?! » qui retentissent d’un peu partout. Y’a définitivement une hype qui m’a échappé. Mais  bon, c’est plutôt bon signe. Et en plus les gens sont beaux. Et ça, quand les gens sont beaux, moi j’aime ça. Et j'ai encore plus l’impression que le show va être bon. Je suis de bonne humeur, j’ai le sourire et les yeux grand ouverts.

On entre à l’intérieur tout juste comme les lumières s’éteignent. Un certain S. Carey (doit-on y lire scarey?) assure la première partie. Et si normalement on porte plus ou moins attention à cette ingrate position du musicien qui tente (parfois vainement) de se faire un nom en s’associant à quelqu’un qui en a un (un nom), là, force est d’admettre que les toutes premières notes nous ont tout de suite hypnotisées. C’est délicat et à la fois intense, c’est planant et profond, c’est émouvant et théâtral. Ça sonne à la fois comme Bon Iver et comme Sigur Ròs. S. Carey, de son prénom Sean, nous informe qu’il est originaire d’Eau-Claire au Wisconsin (tout comme Bon Iver), et qu’il agit à titre de percussionniste et pianiste pour Bon Iver. ‘Gard donc ça… (En plus, je suis quasi certaine que c’était Bon Iver lui-même qui était à la table de marchandise à l’arrière de la salle…)

Émue et surprise, je suis.

Puis, quelques minutes plus tard, Kristian Matsson apparaît. Sur scène, il n’y a que quelques guitares, un micro et une petite chaise droite. C'est tout. Pas de décor, pas de lumières fancy. Juste ce petit blond, ce Suédois surnommé le plus grand homme sur Terre, qui semble avoir toute la bonté et la générosité du monde. J’avais les oreilles presque vierges de son répertoire. Restait plus qu’à m’impressionner, ou me décevoir. Mais la deuxième option était tout simplement impossible en ces circonstances de soirée. Moi qui se montre habituellement très capricieuse dans les cas « gars emo qui gratte sa guitare » (car j’aime ça moi, les arrangements dans une chanson, mets-en du son pis des instruments!) je dois avouer n’avoir jamais vu de ma plus ou moins courte vie, un homme posséder une foule avec si peu de moyens. Incroyable, l’émotion et l’intensité qui peut se dégager de sa voix et de sa guitare. Et avec l’autre chopstick à côté de moi qui lâche quelques fois un : «oh my god, ça y est, je vais pleurer là», nul autre choix que d’être émue tout autant que totalement vendue, moi aussi. Une soirée sans attentes, une soirée de grandes découvertes.

Je vous incite fortement à découvrir la musique de S. Carey et de Tallest Man on Earth, quelques pièces sont disponibles sur leurs sites Myspace. Enjoy.

M.I.A. au Métropolis


L’album /\/\/\Y/\ n’a pas fait l’unanimité, mais on l’attendait de pied ferme tout de même, cette M.I.A. La prolifique artiste d’origine Sri Lankaise nous rendait visite le 21 septembre dernier, au Métropolis. Chaotique mais plaisant. Récit.


Une soirée de rap, j’assiste pas souvent à ça. C’était d’ailleurs la première fois que je voyais M.I.A en spectacle (oui j’ai réussi à avoir un empêchement à chaque -nombreuses- fois qu’elle performait à Montréal). Et je sais pas si c’est la norme, mais j’étais très étonnée de constater que la fouille de sacoche ET corporelle était de mise à l’entrée…. Ça fait tellement thug, je me sentais comme dans Dangerous Mind (Michelle Pfeiffer tsé?). Bref, personne rentrera des guns… mais je sens qu’il va y avoir de l’attitude dans la place…

Un/une DJ est à l’œuvre lorsque je rentre dans la salle, les projections vidéo annoncent le début du show de M.I.A mais ce n’est que vingt minutes plus tard que la rappeuse fera son entrée sur scène. Une vingtaine de minutes qui me laisse amplement le temps d’observer la foule…des gens dansent, mais ça ressemble plus à de l’attitude au rythme des beats qu’à des moves de danse. Clairement, on est ici autant pour être vu que pour voir M.I.A. Je trouve ça drôle. Mais les beats sont bons et j’ai envie de me trouver cool aussi (mes moves cool sont pas au point).

Avec l’arrivée de M.I.A, se pointent aussi sur scène une choriste « qui bouge » et qui fait de la cool attitude, des danseurs qui font de la cool attitude et trois choristes immobiles (qui font de la cool attitude?). Intrigantes, ces trois choristes cachées au fond de la scène. Et difficile de dire si elles ont réellement pris part à la performance vocale car A) elles sont toutes trois des statues de glace, vêtues d’un Niqab et donc impossible de dire si leurs lèvres ont remué (elles avaient de la gueule, sans en avoir une) B) le son des micros était lamentable. Des quelques mots qu’a échangé M.I.A avec la foule, je n’y ai pas compris grand chose, sauf quelque chose du genre : elle connaît quelqu’un en quelque part qui ce jour-là sortait de l’hôpital (?!?!). Les chansons étaient facilement reconnaissables pour leurs rythmes, mais souffraient tout autant du manque de qualité du son des micros et du fait que tout ce beau monde fait un peu trop d’interventions n’importe quand et n’importe comment. L’ensemble sonne un peu chaotique et mal structuré, tout comme le reste d’ailleurs. Les chorégraphies relèvent plus de l’improvisation (et de la cool attitude) tout comme les remix des chansons, qui semblent improvisés on the spot. Une belle démonstration que ces dudes sont les rois  par leur attitude, mais pas par la performance musicale.

Je suis tout de même satisfaite de la setlist du spectacle, qui allait à peu près comme suit :  Illygirl,
Bucky Done Gun,
Amazon, 
Boyz,
Lovalot, Galang,
Story to Be Told/XR2/
Bamboo Banga, Born Free
Steppin' Up,
Teqkilla et Paper Planes en rappel. À ça, j’aurais ajouté Jimmy et j’aurais été comblée

Bref, on ne va pas voir M.I.A. pour être impressionné par sa maîtrise du son. Pour sa créativité et son originalité évidemment, mais surtout pour prendre part à l’échange de cool attitude entre performeur/spectateur. Bon ok, j’ai été assez marquée par ce point, mais faut croire que ç’a fonctionné puisque j’ai moi aussi mimé les guns dans les airs sur Paper Planes, et que j’ai maintenant follement envie de faire du krump dance. On se paie la gueule de ceux qui en font trop pour être cool mais on est tellement wannabee soi-même. C’est de même.


 emiliegagne@gmail.com

Interpol au Métropolis

Je n’ai pas écrit un article depuis des lustres, je m’ennuyais.

Peut-être que je suis rouillée ou que j’ai trop de choses à dire, je sais pas. Ben du nouveau depuis la dernière fois, ben du nouveau. Mais ça, ça vous intéresse pas. J’en reviens donc au spectacle d’Interpol (tsé la grosse hype de 2003?) au Métropolis, le 9 août dernier.

Le show se donnait à guichets fermés (et ça j’y reviendrai plus tard). J’ai rejoint un ami à 20h00 tapant (20 minutes plus tard, donc). Juste à temps pour une pré-première partie : un genre de DJ qui passait presque inaperçu, tant pour sa présence que pour son talent à mixer des bonnes tounes. Il a quêté quelques fois des applaudissements, et en bon montréalais que nous sommes (et quelques banlieusards, mais ceux-là on les aime un peu plus depuis la sortie du nouvel album d’Arcade Fire) je vous laisse deviner si on a donné suite à sa demande. Bref, je sais pas c’était qui, j’ai pas d’intérêt à chercher son nom. Si ça vous intéresse, vous chercherez. Alors passons.

La vraie première partie était donc assurée par Twin Tiger. Un groupe d’hipsters, oui oui, dans le genre fausses lunettes Ray Ban et t-shirts American Apparel. Et aussi, ils viennent d’une de ces villes américaines qui n’a pas assez de personnalité pour avoir un nom à soi, Athens, Georgie, USA. Pas que ça influence en quoi que ce soit la qualité de leur musique, tout de même. C’est du rock noisy et assez dark, bref, c’est tout à fait convenable en tant que prélude à Interpol. Maintenant, est-ce réellement bon?Je ne saurais vous dire, la qualité de la sonorisation qu’on réserve aux bands de première partie me donne froid dans le dos et envie de me boucher les oreilles. Si vous voulez réellement savoir, attendez qu’ils donnent leur propre show, là on saura. Ah, que c’est ingrat, le rôle de première partie.

On en vient au principal, plusieurs (dizaines de) minutes après. Interpol, enfin. Ces New Yorkais qui, il y a de cela huit ans, ont donné un nouveau souffle au rock et ont permis à plusieurs nouveaux groupes de surfer sur la vague (She Wants Revenge? Peut-être…). La foule est compacte et la tension est à son comble (oui! Du monde pas content, des batailles pis toute! Est-ce que l’attente était trop longue?). Fallait bien quelques bonnes chansons pour calmer les anxieux. Ainsi, on a eu droit à plusieurs chansons du premier album, l’excellent Turn on the bright lights, Don't Say Hello to the Angels, Leif Erikson, PDA (yessss), NYC, Obstacle 1 et Stella was a diver and she was always down, qu’on a pu entendre en dernier rappel. Certes, on a aussi entendu plusieurs autres titres des albums qui ont suivi (Evil et Slow Hands entre autres, de l’album Antics), reste que j’ai eu cette impression que Paul Banks et sa troupe sont conscients et assument le fait qu’ils doivent leur actuelle notoriété principalement à leur premier album. On a tout de même entendu quelques extraits du nouvel album à venir, dont Success et Barricades. Bref, le groupe a offert une excellente performance et à en juger leur interaction avec la foule ce soir-là, les membres d’Interpol étaient fort heureux de retrouver leurs fans montréalais. La soirée a été musicalement délicieuse, j’étais satisfaite de ma première soirée en leur compagnie.

Pas que je voudrais finir cet article sur une mauvaise note, mais j’ai un peu de venin à cracher…. Et ça vous aurait peut-être enlevé l’envie de me lire si je l’avais fait en commençant.
Le Détesteur est mort? Il y a certainement quelques personnes qui ont envie de prendre sa relève. Dont moi, une fois de temps en temps. Alors ça va comme suit…

Pour en revenir au niveau de confort que peut procurer le ratio personne au pouce carré dans un show sold out… Faudrait qu’on se comprenne. C’est NORMAL que, dans une salle pleine à craquer, on se sente un petit peu plus à l’étroit. Va falloir que tout le monde fasse un petit effort. C’est-à-dire, j’en ai rien à crisser de toi, Monsieur Non-s’il-te-plaît-mets-toi-pas-derrière-moi-c’est-parce-que-j’ai-mal-à-mon-nerf-sciatique. Ou de toi, Monsieur Faut-que-tu-me-laisse-de-la-place-tu-vois-c’est-une-question-de-sécurité. Quand t’es gros et que tu mesures six pied six, ta bulle personnelle supposément plus grande que celles des autres…Dude, tu l’as mangée ta bulle, tant pis pour toi! On va se comprendre, on a tous payé notre billet le même prix (vous, pas moi) c’est donc pas un argument pour se téter un petit peu plus de confort. On va tous s’arranger comme on peut pour voir de quoi. Tu peux bien investir un an de salaire pour inviter Interpol à jouer dans ton salon pis rester assis dans ton La z boy. D’ici là, sacre-moi patience avec ton argument à quarante balle. (Sur ce, merci le staff du Métropolis!!)

… Me meurs d’envie de te parler, à toi, toi et toi. Vite, vite, un autre show. L’automne s’annonce beau.

**Le nouvel album d’Interpol (éponyme) sera en vente à partir du 7 septembre 2010.

http://www.interpolnyc.com

http://www.myspace.com/thetwintigers

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Passion Pit au National


Le National, 12 juillet. Dernière date d’une longue tournée, entamée en décembre dernier et dont plusieurs spectacles ont eu lieu à guichets fermés

Passion Pit, c’est d’abord l’idée de Michaël Angelakos qui, il y a à peine trois ans, écrivait et composait ses chansons dans un dortoir de l’université qu’il fréquentait à l’époque. Les chansons étaient enregistrées à l’aide du micro intégré dans son ordinateur portable. Aujourd’hui, Ian Hultquist, Ayad Al Adhamy, Jeff Apruzzese et Nate Donmoyer ont rejoint les rangs du groupe, et supportent la créativité d’Angelakos. Passion Pit, c’est du synth-pop. C’est de la musique ultra-légère et ultra-joyeuse. Le genre de musique qui rappelle qu’il existe des choses saines dans la vie, et que ça vaut la peine parfois de célébrer ça.

La salle est remplie. Et à analyser le manque de rides et/ou de présence de barbe sur le visage des personnes qui croisent mon chemin, je dirais que la plupart des gens qui occupent la salle ont en bas de vingt ans. Il y a certainement une grande majorité des portefeuilles qui se trouvent dans cette salle qui ne contiennent de l’argent que dans le but d’acheter des fringues cool et des minutes de cellulaire. Ça sent l’allocation hebdomadaire de papa et maman. Bon ça va faire le jugement sur la jeunesse, je suis une vieille grincheuse. Mais je tiens à dire que j’ai pas de rides moi non plus par contre. Et puis tant pis, ils ont du goût ces kids là, pour venir écouter ce show. Je les aime bien dans le fond.

Le groupe arrive sur scène, cinq jeunes adultes au grand sourire et aux yeux pétillants. Les premiers sons de synths se font entendre… et oui, ma foi, Angelakos chante aussi aigü en spectacle que sur l’album. Des minutes bourrées de bonheur s’ensuivent, au son des chansons Kingdom Come, Sleepyhead, Seaweed Song, Little Secret et Dreams (une reprise des Cranberries) pour ne nommer que celles-là. De la foule, des voix (principalement féminines) s’élèvent, et se chargent des back vocals du début à la fin du spectacle (mais ce n’était presque plus des back vocals tellement ils (elles) chantaient fort). À un certain point, Michaël Angelakos lance un défi : il ne quittera pas cette salle tant que les gens du balcon ne se seront pas levés et mis à danser jusqu’à la toute fin du spectacle. Et le défi est relevé avec brio, aussitôt demandé, aussitôt fait.

Un rappel sera très longuement demandé de la part des spectateurs, et les membres réapparaissent, tous de lycra vêtus, du legging en gold s’il-vous-plaît. Des bandeaux de jogging de couleur fluo et des camisoles trop échancrées. Ok, le eighties style, c’était drôle y’a 3-4 ans, mais maintenant des photos dans ce style, il en pleut sur les profils Facebook. Petit feeling de déjà (trop) vu. Mais ça n’arrêtera pas les 18-20 ans de s’extasier. La petite demoiselle à côté de moi sort son appareil photo et filme le tout, en dansant intensément. La caméra se promène de tous bord tous côté (dude, ton vidéo servira à rien!). Mais je suis sooooo terre à terre.

Bref, en pleine effervescence, la formation originaire du Massachusetts ira loin, très certainement. Et suivra peut-être le sentier de la gloire tracé par les autres Phoenix de ce monde. Surveillez les prochainement, vous entendrez parler d’eux.

Passion Pit
s’arrête très brièvement pour un peu de repos et reprend la route dès la fin juillet. Une autre longue tournée qui les mènera sur quatre continents. Si jamais dans cette intense tournée, ils trouvaient le temps de repasser à Montréal, allez les voir. Ça fait du bien.
http://www.myspace.com/passionpitjams

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Yoshimi VS les confettis


Flaming Lips, une légende urbaine?
Flaming Lips à Montréal, c’est un peu comme une légende urbaine. Certains les ont vus à Osheaga il y a quelques années. Depuis ce temps, la rumeur va bon train… paraîtrait que Flaming Lips, c’est pas un show normal, c’est « autre chose ». Genre un chanteur qui court sur la foule, des confettis, de la couleur, BEN de la couleur, etc. Really? C’était le temps de vérifier si les « osheageux » sont une bande de menteurs. Le groupe était de retour à Montréal le 7 juillet dernier.

La mission numéro 1 était d’abord de trouver du linge à se mettre. Du linge qui couvre juste ce qu’il faut couvrir, pas plus. Parce qu’avec un facteur humidex faisant grimper le mercure jusqu’à 44 degrés celsius, aller s’enfermer dans une salle avec environ 2000 autres personnes, ça ne me donne pas l’impression que je m’en vais me rafraîchir.

Le groupe New Yorkais Fang Island avait pour tâche de réchauffer la salle (haha!) avant l’arrivée de Flaming Lips. Fang Island, ces cinq gars de Brooklyn qui, selon leur site Myspace, font du Healing & Easylistening/Powerpop/Progressif. Ah, Myspace de nos jours, c’est une source d’informations si juste. Selon moi, ça sonne plus comme du rock progressif fait par des hipsters. C’est loud, mais c’est vraiment joyeux, ensoleillé. Bref, c’est tout à fait dans la lignée de Flaming Lips. Encore une fois selon leur site, leur musique sonne comme « everyone high-fiving everyone ». Ça par contre, ça m’apparaît tout à fait juste.

Faut croire que les membres de Flaming Lips avaient eu un retard ou un empêchement quelconque car, une fois la première partie terminée, on a eu droit au test de son. Et pas que ça. Tous les membres de FL étant sur scène pour accorder leurs instruments, la foule était un peu hébétée, sachant plus ou moins si le spectacle devait débuter ainsi. On aura aussi droit à un test de lumières, de fumée, de confettis… bref, le punch venait d’être vendu d’avance. Mais à ce point là, on sait déjà que les « osheageux » ne sont finalement pas des menteurs.

Après quelques excuses pour ce que je qualifierais de manque du sens du spectacle, tout le monde quitte la scène. L’écran géant s’illumine. Une séquence vidéo mélange des images de courbes féminines, d’une femme dansante et d'un vagin aveuglant (oui oui). Une porte s’ouvre en plein milieu de l’écran, surprise! Chaque musicien y passe, salue la foule, descend le long d’une grande glissade et atterrit sur scène. Est-ce que j’ai parlé de manque de sens du spectacle? J’ai déjà oublié qu’on a assisté au test de son. Et la suite? Eh oui… un chanteur à l’intérieur d’un énorme ballon transparent qui marche sur la foule, des tonnes de ballons multicolores qui sautillent partout dans la salle, de la fumée, des confettis. Tout ça est vrai! Je me sens comme une enfant de 10 ans que ses parents emmènent à Magic Castle. J’en perds la tête, je crie, je ris, j’ai un peu trop d’énergie. Je me bats contre un gars de 7 pieds 4 à côté de moi pour essayer de taper les ballons avant qu’il ne le fasse (dans une foule, y’a toujours un gars qui a une tête de plus que tout le monde et qui se plante en avant d’une poignée de gens de 4 pieds 2. Pas que je mesure 4 pieds 2, mais bon. Anyway).

Il fait si chaud dans la salle, je n’ai jamais sué autant de toute ma vie de fille pas sportive (et je n’ai jamais autant dégouliné de la sueur des autres aussi, eurk). Tellement, que les confettis me restent collés à la peau.et que je me recouvre peu à peu d’une espèce de pâte à papier. Bref, j’en aurai pour 24 heures à retrouver des confettis dans ma camisole, dans mon sac, dans mes souliers, dans mes bobettes (non quand même pas) et dans mon lit. Souvenirs latents de spectacle.

C’est bien beau tout ce tapage visuel, n’empêche que ça relègue la musique au second plan. On peut difficilement apprécier pleinement le talent des musiciens et l’interprétation des chansons. Peu importe, on a adoré envoyer paître Georges W. Bush à grands coups de YA! YA! YA! YA! YA! Et on a eu droit aux grands classiques de FL, soit Do you realize?, Are you a hypnotist?, Yoshimi battles the pink robots, The Yeah Yeah Yeah song, mais aussi aux plus récentes, The sparrow look up at the machine, Evil, See the leaves et tant d’autres. On patauge dans la fumée, on imite des animaux de la ferme (sur I can be a frog), on danse avec des petits bonhommes orange. C’est comme une grosse hallucination, mais c’est Flaming Lips.

Bref, je confirme. La légende urbaine est vraie. Flaming Lips, c’est un gros cirque dont on est le héros. À vous maintenant de voir si vous y croyez ou pas.

Festival de Jazz… l’épisode final


Voici le récit de la fin de ma mission au Festival de Jazz, édition 2010
Land of Talk, Club Soda, 1er juillet
Les hipsters montréalais se donnaient rendez-vous au Club Soda ce soir là. Mené par la chanteuse et guitariste Elizabeth Powell, le groupe anglo-montréalais Land of Talk a livré une performance sobre, mais saisissante. Miss Powell semble si fragile si scène et ça ne rend sa performance que plus touchante. C’est tout ce que j’ai à dire là-dessus pour l’instant. À surveiller dans les prochains mois.

Antipop Consortium, Club Soda, 2 juillet

Semblerait que la métropole n’était pas trop au courant de l’existence d’Antipop Consortium… Seulement quelques dizaines de curieux se sont présenté au Club Soda ce soir-là pour assister à leur prestation. Et pourtant, APC, c’est un gros morceau de la culture hip hop américaine depuis les vingt dernières années environ (à contre-courant du hip hop mainstream, faut le spécifier). Pas de grands artifices pour ce spectacle : pas de grillz, pas de nanas semi à poil, pas de dude semi-inutile qui fait acte de présence juste pour ajouter de l’attitude. Juste trois gars, de l’électro bien ficelé (beaucoup d’électro en fait), des bons grooves et juste assez d’attitude. J’aime ça de même. Un spectacle qui n’est pas exactement mémorable non plus, étant donné le peu d’ambiance dans la salle, même si le groupe autant que les spectateurs ont bien tenté de faire lever le party. Perso, j’ai bien tenté de faire du bruit pour trois, même si je suis habituellement low profile dans un show d’hip hop. Toutefois, ça n’a pas semblé déranger Beans, High Priest et M. Sayyid qui nous ont tout de même livré une performance digne de ce nom. En espérant qu’ils viennent nous revisiter un jour avec un petit peu plus de fans au rendez-vous…
*Ce spectacle avait lieu dans le cadre des festivités qui souligne le 20e anniversaire de l’étiquette Ninja Tune, sur laquelle vous pouvez retrouver le plus récent album d’APC, Fluorescent Black (sur Big Dada, en fait).


Misstress Barbara, Club Soda, 4 juillet

Après la désertion du Club Soda deux soir auparavant, ça faisait du bien de voir cette même salle pleine de gens vraiment prêts à avoir le fun de leur vie. Si je connais un peu la carrière de Misstress Barbara en tant que DJ, j’en connaissais très peu sur ses compositions personnelles. J’ai été très contente de voir que le deejaying n’avait pas été laissé de côté et qu’il avait encore sa place dans ses shows. Ce soir-là, on voyait sur scène Misstress Barbara et son groupe Girls on a Ducati, mais aussi les désormais hypés Random Recipe, le très charmant Sam Roberts et Isabelle Day. Plusieurs chansons m’ont vraiment fait apprécier la performance, dont I’m Running (feat. Sam Roberts) et Four on the Floor. De toute la série de spectacles Les nuits Heineken du Festival de Jazz, c’était une des soirées qui a eu le plus de succès (avec Émilie Simon, premier spectacle de la série).

Holy Fuck, Club Soda, 5 juillet
Ce band, dont le nom donne un frisson dans le dos de ma mère quand je lui dis qu’est-ce que je vais voir comme spectacle ce soir-là, c’est un groupe rock/expérimental/électro de Toronto. Une autre soirée de hipsters montréalais. Dans mes coups de cœur parce que les grooves sont vraiment excellents, mais le soleil qui a tapé trop fort sur ma tête durant la journée ne m’a pas permis d’apprécier pleinement le spectacle, qui avait lieu à minuit le soir. 75% de mon cerveau devait être cuit et inutilisable à ce moment-là. Et j’avais besoin d’un bon 20% juste pour réguler ma température corporelle. Alors voilà. Si vous avez vu un légume dans la salle ce jour-là, c’était moi. Bref, j’ai hâte qu’Holy Fuck vienne refaire un tour dans la métropole, je m’arrangerai pour avoir le cerveau efficace cette fois-là. En attendant, écoutez leur excellent album Latin America, sorti en mai dernier.

Voilà, c’est ce qui conclut mon sightseeing tour au Festival de Jazz cette année. J’espère que ça vous aura servi.
NDLR : La prochaine édition du Festival international de Jazz de Montréal se déroulera du 25 juin au 4 juillet 2011.

Le Festival de Jazz… 1ère partie

Quelques 800 concerts qui se déroulent dans un quadrilatère relativement restreint et ce, en 12 jours seulement.
Le Quartier des Spectacles, c’est mon nouveau Rosemont. Comme si j’y habitais, je jase avec les quêteux, je leur fais des résumés des concerts. Je connais les raccourcis, je vois le même monde aux mêmes endroits (et eux me voient toujours aux mêmes endroits aussi), j’observe les routes en construction (ça change pas vite…), je regarde la construction de la nouvelle salle de l’OSM et je me dit que ça ressemble juste à un immense parking de béton pour l’instant. Je connais les rabais par cœur chez H&M, juste à côté du site. Comprenez l’idée? D’une salle à l’autre, d’une scène extérieure à l’autre, j’assiste à tous les spectacles que je peux voir. Ça fait beaucoup. Je vais vous faire un petit résumé des meilleurs moments avant que mon cerveau ne commence à mélanger des affaires.

Brian Setzer Orchestra
Sur la scène TD le 25 juin, Brian Setzer donne le coup d’envoi du festival. Il fait beau, il fait chaud mais pas trop. On regarde le spectacle directement si on le peut. Mais pour la majorité des gens, on regarde les écrans géants, disposés un peu partout sur le site. On tombe dans la lune, on finit par regarder les bandes commanditaires qui défilent au bas des écrans. Bon, je veux pas tomber dans la lune, c’est Brian Setzer Orchestra, c’est clair qu’il y a des danseurs de swing en quelque part, on part à la recherche! Oh que oui, il y en a. Une mini-scène est érigée tout près de la scène principale, des danseurs professionnels y donnent tout un spectacle! Et puis dans la foule à l’avant de la scène, d’autres danseurs, plus low profile ceux-ci, s’en donnent à cœur joie. Si je savais danser le swing je me serais clairement joint à eux, et ça en aurait vraiment valu la peine.

Soirée d’anniversaire, les 20 ans de Ninja Tunes
Au Métropolis le 26 juin, se donnaient rendez-vous, Kid Koala et son groupe The Slew, Dj Food, et surtout, surtout… Spank Rock. Ce mec à l’allure très effilée, qui sait faire lever une foule comme (presque) personne d’autres, qui a une énergie sublime et contagieuse, qui danse follement bien (je suis un peu séduite là…), personne n’y reste indifférent. Si le disque YoYoYoYoYo, paru en 2006, vous a plu, dites-vous qu’on a eu droit à ça, mais avec des grooves à la puissance 10. Ass and bass. Voilà.

Sonny Rollins
Salle Wilfrid-Pelletier, 19h30 précises. Dans ma rangée, on retrouve principalement des journalistes, tous affairés à leur Blackberry/iPhones, et une autre, affairée à ses baguettes de tricots, oui oui. On s’occupe comme on peut pendant que Sonny Rollins se fait un peu désirer, le trafic ayant retardé l’arrivée du saxophoniste sur scène. 19h45, le vieil homme se précipite sur scène, salue les admirateurs, s’empresse d’accepter le prix Miles-Davis qui lui est remis cette année, pour honorer l’ensemble de sa carrière. Après de très brefs remerciements, le saxophoniste rejoint ses musiciens. Le dos courbé, le pas chambranlant, les genoux tremblotants, oui M. Rollins les fait ses 80 ans. Et pourtant, rien de son talent et de son expertise n’a changé, tout est intact. C’est de la pure magie qui s’échappe de son souffle et de ses doigts. Magnifique, et touchant je vous le dit. Voir un géant du jazz, au moins une fois dans ma vie: Check.

The Narcycist

Sur la scène Groove Bell, le lundi 28 juin. Belle découverte, ce rappeur montréalais d’origine arabe. Il détonne complètement dans le paysage hip hop actuel, et ça fait du bien. L’homme, membre du collectif artistique musulman des Euphrates, écrit des textes engagés mais d’abord léger et humoristique. Sa musique est joyeuse et dansante, une heureuse combinaison des sons traditionnels du Moyen-Orient et rap d’ici. Écoutez son succès P.H.A.T.W.A sur son site MySpace. http://www.myspace.com/euphrates

Allez, on continue. Deuxième partie à suivre, très bientôt.
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At Midnight, the birdsong

Le groupe folk-rock sherbrookois Jake and the Leprechauns en est à sa 3e parution d’album.
Ce tout nouvel opus s’intitule At Midnight, the birdsong, et il est en magasin depuis le 22 juin. Vous avez déjà entendu parler d’eux? Il est possible que non, parce JATL c’est comme un secret bien gardé, et pourtant c’est un joyau du folk québécois.

Jake and the Leprechauns, c’est d’abord deux amis et excellents musiciens du nom de Philippe Custeau (pedal et lap steel, voix, entre autres) et de Charles-Antoine Gosselin (voix et guitares principalement) accompagnés de leurs acolytes Maxime Rouleau, Marc-André Gosselin, Sylvain Lussier et Simon Bergeron. Tout autant de bons musiciens qui ont eu l’opportunité d’enregistrer leurs plus récentes compositions au réputé studio Hotel2tango avec l’aide de Mark Lawson (il a travaillé pour Arcade Fire entre autres). Ce plus récent album, c’est le summum (so far) de leur art et de leur expérience. Des mélodies douces et apaisantes, des paroles matures, réfléchies et bouleversantes. Et la voix de C-A Gosselin, précise et envoûtante, qui sert bien l’émotion et la signification des propos.

J’ai un coup de cœur pour les chansons Remnants, Longanimity, A unified theory of everything et Busy Bee. Des chansons de grande qualité, autant pour les mélodies et les arrangements que pour les paroles, profondes et émouvantes. Vous pouvez d’ailleurs découvrir l’excellent vidéo qui a été créé pour la chanson Busy Bee.

JATL fera un petit tour dans la métropole aujourd’hui, le 13 juillet au Petit Campus et le 5 août au Divan Orange. Entre deux, JATL retourne dans son Eastern Township pour un spectacle le 18 juillet au Vieux Clocher de Magog. Prenez le temps de les découvrir maintenant, alors que vous en avez l’occasion car, avec cet album (et la collaboration de Ideal Friend, un nouveau partenaire avec qui une entente a récemment été conclue) JATL risque d’aller faire entendre son folk un peu plus loin, et, qui sait, peut-être intégrer la sphère folk américaine d’ici les prochains mois. On le souhaite.

Découvrez Jake and the Leprechauns si vous aimez Nick Drake, Wilco, Neil Young, Tom Waits et/ou Iron and Wine.
www.myspace.com/jakeandtheleprechauns
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Festival de Jazz


À voir durant le Festival de Jazz de Montréal
Il est venu le temps de l'été où Montréal devient jazz. En fait, jazz et bien d’autres choses. C'est le retour du Festival International de Jazz de Montréal, du 25 juin au 5 juillet 2010.

Le jazz, c’est un genre musical qui rejoint du monde, mais pas tant que ça non plus. On vient peut-être de partout dans le monde pour assister à notre festival montréalais, mais une réalité reste : au-delà du jazz, on a besoin de diversité. Ainsi, les dirigeants du festival ont su diversifier leur programmation en y présentant des spectacles rassemblant les différents styles musicaux inspirés, ou dérivés du jazz. Le funk, le hip hop, musique du monde, rock, etc. Dans le fond, tout a un lien avec le jazz, c’est de même.  Bref, le Festival de Jazz, c'est aujourd'hui festival de tout le monde.

Après cinq années à travailler en tant que disquaire dans un magasin culturel bien de chez nous, j’appris à spotter les bons disques et les bons artistes qui viennent se produire dans le 514 (à part quand Erykah Badu mélange le quai Jacques Cartier avec le parc Jacques Cartier de Sherbrooke, mais ça c'est une autre histoire). Désolée toutefois, mes années de dur labeur auprès de la clientèle culturelle québécoise ne m’ont malheureusement pas aidé à devenir une meilleure référence en jazz et blues. Peu importe, voici mes highlights à moi pour les quelques 9 jours à venir en cette 31e édition du FIJM :

Jazz
John Zorn (Masada Marathon), 1er juillet Théâtre Maisonneuve
John Zorn, Lou Reed et Laurie Anderson, 2 juillet, Salle Wilfrid-Pelletier
Karen Young et Eric Auclair, 5 juillet, L’Astral
 
Rap/hip hop
Spank Rock, Kid Koala, The Slew, Dj Food
, 26 juin, Métropolis (oui je sais, c’est passé, mais pour Spank Rock, vous VOULIEZ être là…)
The Roots, 30 juin, Métropolis
Antipop Consortium, 2 juillet, Club Soda
The Narcycist, Scène Bell, 28 juin
 
Rock
!!! (Chk Chk Chk),
30 juin, Club Soda
Holy Fuck, 5 juillet Club Soda
Land of Talk, 1er juillet, Club Soda
 
Électronique
Bonobo, Andreya Triana et Mr. Scruff
, 3 juillet, Métropolis
Dan Thouin et Cie, tous les soirs jusqu’au 5 juillet, L’Astral
Ghislain Poirier, Face-T et Kode 9, 28 juin, Club Soda
 
Pop, Folk et tout le reste
Elisapie Isaac,
3 juillet, Club Soda
Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, scène TD, 5 juillet
Jason Bajada et John Butler Trio, 6 juillet, Métropolis
Lewis Furey, Musée d’Art Contemporain, 30 juin et 1er juin

Vous êtes déçus d’avoir manqué certaines performances? Revoyez-en le résumé sur
www.montrealjazzfest.tv

Voilà. Enjoy!
 
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